Revue de presse Asie - 23 décembre 2015

Navire chinois aux Diaoyu/Senkaku, discours à la nation en Thaïlande et abaissement de la majorité pénale en Inde

Dans son discours à la nation, le Premier ministre thaïlandais Prayuth Chan-ocha a défendu son gouvernement et ses réformes tout en promettant des élections mi-2017.
Dans son discours à la nation, le Premier ministre thaïlandais Prayuth Chan-ocha a défendu son gouvernement et ses réformes tout en promettant des élections mi-2017. Copie d’écran de Channel News Asia, le 23 décembre 2015.

Asie du Nord-Est

Chine : à quand la prochaine catastrophe d’origine humaine ?

South China Morning Post – 36 morts dans la bousculade du dernier Nouvel an à Shanghai, plus de 170 victimes dues aux explosions dans un entrepôt de produits chimiques à Tianjin en août, et maintenant 76 disparus suite à l’effondrement d’une montagne de débris de construction à Shenzhen… En un an, les trois accidents d’origine humaine les plus meurtriers de Chine sont intervenus dans les plus grandes villes du pays. La difficulté à gérer l’exode rural et le boom des classes moyennes se combine « au manque de surveillance, aux planifications négligeantes et à la faible application des lois », indique le South China Morning Post. Certes, les autorités centrales ont toujours réagi rapidement en annonçant que les responsables seraient condamnés. Mais les habitants des grands centres urbains chinois ne se sentent plus en sécurité et se demandent maintenant quand aura lieu la prochaine catastrophe.

Japon : un navire chinois armé aperçu au large des Senkaku/Diaoyu

The Straits Times – Des navires chinois sont fréquemment aperçus au large des îles Senkaku/Diaoyu, occupées par Tokyo et revendiquées par Pékin. Mais pour la première fois, c’est un navire armé que les garde-côtes japonais ont indiqué avoir repéré ce mercredi 23 décembre, à une vingtaine de kilomètres de l’archipel disputé. Les témoins ont cru distinguer quatre canons sur le bateau. L’une des porte-parole du ministère nippon des Affaires étrangères, Takako Ito, a indiqué que le Japon « continuerait d’agir fermement et calmement, selon le principe de défense absolue de ses territoires terrestre, maritime et aérien ».

Taïwan : l’écart se resserre entre Tsai Ing-wen et Eric Chu, selon un sondage du KMT

United Daily News et Taipei Times – Selon un sondage réalisé par le Kuomintang, l’écart en termes d’intentions de vote se réduit entre Tsai Ing-wen, la candidate du Parti Démocrate-progressiste (opposition) et Eric Chu, le candidat du Kuomintang, entré tardivement en campagne. Tsai, qui domine les sondages depuis de longs mois, serait créditée de 40,4% de votes contre 30,9% pour Eric Chu. Le troisième candidat, James Soong, reste en queue avec 8,7% alors que 20% des personnes interrogées se disent encore indécises. Un autre sondage réalisé par la chaîne de télévision TVBS donne 46% d’intentions de vote à Tsai contre 26% à Eric Chu.

Asie du Sud-Est

Thaïlande : Prayuth Chan-ocha défend son gouvernement et réaffirme des élections pour 2017

Channel News Asia« A ceux qui disent que nous avons perdu notre démocratie, je réponds que je suis désolé. Mais nous ne pouvons pas nous permettre de gâcher le temps dont nous disposons maintenant pour changer notre pays. » Ces propos du Premier ministre thaïlandais Prayuth Chan-ocha lors de son discours annuel à la nation ont le mérite d’être clair. En aucun cas le chef de la junte ne remet en cause son coup d’Etat de mai 2014 et balaie d’un revers de main les critiques d’illégitimité : « Je suis venu au pouvoir pour remettre les choses en place et impulser les réformes nécessaires », se justifie-t-il, avant d’ajouter que « ceux qui m’accusent de bafouer les droits de l’homme doivent comprendre que nous agissons dans des circonstances exceptionnelles ». Malgré tout, le général Prayuth a confirmé que des élections se tiendraient bien à la mi-2017 – tout en intimant ses successeurs à « penser à l’intérêt national et à continuer les réformes ».

Indonésie : 23 entreprises sanctionnées pour avoir causé des feux de forêt

The Jakarta Post – Suite aux violents feux de forêt qui ont plongé toute une partie de l’Asie du Sud-Est sous un épais brouillard toxique, le gouvernement indonésien s’attaque désormais aux entreprises déforestatrices et responsables de la crise. Sur les 56 identifiées (huile de palme et pâte de bois), 33 font encore l’objet d’une enquête tandis que 23 ont été sanctionnées plus ou moins durement – surveillance accrue, suspension temporaire des licences d’exploitation, fermeture. Le Jakarta Post rappelle que, d’après la Banque mondiale, les feux de forêt ont fait perdre 16 milliards de dollars à l’Indonésie – soit 2 fois plus que le tsunami de 2004… Ce qui explique la détermination du gouvernement à prendre des sanctions.

Brunei : le sultan interdit Noël

Channel News Asia – Il avait annoncé une application plus stricte de la charia dès l’année dernière. Le sultan de Brunei a décidé d’interdire de fêter Noël – du moins « ni excessivement, ni ouvertement » – par peur que les musulmans ne « se laissent entraîner ». Interdit, donc, d’aborer une croix, d’allumer des bougies, de décorer des arbres de Noël, de chanter des chants religieux, d’envoyer des voeux de Noël… et même de porter un chapeau ou des vêtements qui se rapprochent de ceux du Père Noël. Les contrevenants risquent 5 ans de prison. Une décision qui dérange autant les chrétiens que les musulmans : « cela donne l’image d’un Islam qui ne respecte pas le droit des autres religions à célébrer leur foi », a confié une femme musulmane à Channel News Asia dans la capitale, Bandar Seri Begawan.

Asie du Sud

Inde : la majorité pénale abaissée à 16 ans

NDTV – Ce mardi, l’amendement de la loi sur la majorité pénale a été adopté par le Sénat indien malgré une forte opposition des partis de gauche. L’âge légal de responsabilité a ainsi été abaissé de 18 à 16 ans. Cette mesure fait suite au cas du mineur qui avait participé au viol collectif de New Delhi en 2012, condamné à trois ans d’emprisonnement soit la peine maximale pour un jeune de son âge. Selon l’auteure de l’article, Brinda Karat, ancienne membre du Sénat indien, la présente loi aurait pu être améliorée en imposant aux jeunes sortant de trois ans de détention un séjour dans un centre intermédiaire de réintégration, sous surveillance. L’amendement a été particulièrement soutenu par le parti nationaliste hindou qui s’était lancé dans une intense campagne médiatique en faveur du projet de loi.

Inde : près de 25% des jeunes au chômage

The Times of India – Les chiffres datent de 2011, mais ils n’ont été révélés qu’aujourd’hui. 11% des Indiens de plus de 5 ans « recherchent activement ou sont disposés à prendre un emploi » – une moitié ne travaille pas, l’autre moins de 6 mois par an, explique The Times of India. Mais cette moyenne cache des indicateurs plus inquiétants. Par exemple, un quart des jeunes âgés de 20 à 24 ans sont en recherche d’emploi. Autre point noir soulevé par les chiffres : 60% des demandeurs d’emploi sont des femmes, ce qui « brise le mythe selon lequel les femmes préfèrent s’occuper des tâches domestiques plutôt que de travailler ».

Le Pakistan peut-il assumer sa participation à une coalition internationale ?

Dawn – Ancien conseiller juridique auprès du ministère pakistanais des Affaires étrangères, Sikander Ahmed Shah publie une tribune dans laquelle il remet en cause l’efficacité de la coalition antiterroriste menée par l’Arabie Saoudite et, par-dessus tout, l’implication du Pakistan. Le gouvernement d’Islamabad, déjà aux prises avec le TTP (Taliban pakistanais), ne peut se permettre d’envoyer des troupes à l’étranger et de « détourner ses efforts militaires » sous peine d’altérer la sécurité intérieure. D’un point du vue régional, Sikander Ahmed Shah craint que la participation du Pakistan à la coalition n’altère ses relations économiques et commerciales avec l’Iran (qui en est exclu car à majorité chiite) et que le gouvernement de Téhéran ne se tourne vers New Delhi. En fin de compte selon l’auteur de la tribune, Islamabad ferait mieux de continuer à coopérer avec l’ONU en restant neutre.

Par Joris Zylberman, Alexandre Gandil et Rebecca Zissmann, avec Sébastien Farcis à New Delhi, Victor Yu à Taipei et Anda Djoehana Wiradikarta à Paris