Revue de Presse Asie – 21 décembre 2015

Glissement de terrain en Chine, libération d'un violeur à Delhi et lutte antiterroriste en Asie du Sud-Est

Glissement de terrain à Shenzhen, dans le sud de la Chine, une trentaine de bâtiments se sont effondrés.
Glissement de terrain à Shenzhen, dans le sud de la Chine, une trentaine de bâtiments se sont effondrés . Copie d’écran de The Guardian, le 21 décembre 2015.

ASIE DU NORD-EST

Chine : Un glissement de terrain dans une zone industrielle fait au moins 91 disparus

Channel News Asia et South China Morning Post – Une centaine de personnes sont portées disparues depuis dimanche, lorsqu’un immense tas de débris et de boue s’est effrondré dans une zone industrielle du sud de la Chine (Guangming New District) et a emporté 33 bâtiments dont 14 usines, plusieurs cantines, trois dortoirs et 13 immeubles de faible hauteur. Les habitants et travailleurs ont fui, impuissants face aux vagues de boue et de détritus qui ont recouvert une surface de 380 000 m², jusqu’à 10 mètres de hauteur par endroit. Plus de 3000 sauveteurs seraient sur place depuis dimanche afin d’identifier et retrouver les victimes. 900 personnes auraient déjà été évacuées.
Selon le South China Morning Post, certains documents révèlent que le site où se trouvait la montagne de détritus qui s’est écroulée aurait dû fermer. Les plaintes des travailleurs concernant la dangerosité du lieu, notamment pendant la saison des pluies, n’auraient pas été prises en compte. Une enquête est actuellement en cours. Cette catastrophe intervient quelques mois après une explosion chimique au nord du port de Tianjin et qui avait fait déjà 160 morts, rappelle Channel News Asia.

Japon : cinq groupes de la société civile s’allient contre les politiques sécuritaires

The Japan Times – A l’appel de l’Organisation des Etudiants pour des Actions urgentes pour la Démocratie, le SEALD (Students Emergency Action for Liberal Democracy), cinq organisations de la société civile nippone se sont alliées afin de soutenir, aux prochaines élections parlementaires, des candidats opposés à la politique de défense et réarmement du Japon. Les membres de ces cinq groupes, qui incluent de nombreux universitaires mais aussi des mères, demandent l’abolition des lois sécuritaires qui autorisent le Japon à exercer un droit d’autodéfense. Cette alliance demande à toutes les organisations citoyennes de soutenir le mouvement, ainsi qu’aux partis politiques de l’opposition. Selon une déclaration au Japan Times de l’un des jeunes membres du SEALD, « l’implication de citoyens lambda dans ce mouvement marquerait un tournant important dans le changement de la société ».

ASIE DU SUD-EST

Indonésie : 7 Indonésiens arrêtés dans une opération antiterroriste

The Jakarta Post – Une unité antiterroriste a arrêté sept hommes suspectés de planifier des attaques en Indonésie durant Noël ou le Nouvel An, a révélé la police ce dimanche. L’un d’eux, Abu Jundi, serait membre de l’organisation islamiste armée Jemaah Islamiyah. Le gouvernement aurait déployé plus de 150000 forces de l’ordre afin de protéger les lieux de cultes chrétiens et publics durant la période des fêtes.

Indonésie : à l’approche des résultats électoraux, les gouverneurs prennent des mesures de prévention

The Jakarta Post – Les résultats officiels des élections régionales indonésiennes seront bientôt annoncés. Et pour assurer le bon déroulement du décompte des voix, le ministre indonésien de l’Intérieur Tjahjo Kumolo a demandé à tous les gouverneurs de prendre des mesures de prévention et de sécurité. Si nécessaire, « ils devraient mettre leurs régions et zones respectives sous le statut Siaga Satu, ou d’alerte maximale », aurait-il décrété. Le ministre a également déclaré que les gouverneurs devraient coordonner leurs actions avec les leaders régionaux des forums de communication (Forkompinda) ainsi qu’avec les forces de police. Cette annonce fait suite à un premier déferlement de violence samedi, lorsque le bureau du gouverneur de Nord Kalimantan (Bornéo) a été envahi et partiellement brûlé par une foule de supporters d’un candidat contestataire.

Philippines : l’armée tue 26 militants d’Abu Sayyaf

Bangkok Post – Après une semaine d’assaut sur l’île de Basilan (Sud), l’armée philippine a capturé un camp d’extrémistes musulmans liés à Abu Sayyaf et tué 26 d’entre eux. Le combat, « intense », a opposé 300 soldats philippins à 150 militants, révèle le Bangkok Post. Le djihadiste malaisien Mohammad Najib Hussein alias Abu Anas figure parmi les victimes. Figure-clé du camp, Hussein avait récemment déclaré son allégeance à Daech. La quotidien rappelle que le camp avait été mis en place dans les années 90 par l’un des beaux-frères d’Oussama Ben Laden, dans une île particulièrement pauvre où résident environ 400000 personnes.

ASIE DU SUD

Inde: les inondations à Chennai pourraient se reproduire dans la région

Scroll.in – Dans un article d’analyse et d’opinion, l’activiste tamoul Nityanand Jayaraman explique comment l’écosystème endommagé par les usines et les infrastructures industrielles est à la base des inondations qu’a connues Chennai, et que pourrait prochainement connaitre la région de Cheyyur, un peu plus au Sud. Opposé à un projet d’infrastricture énergétique sur la côté tamoule (signé fin novembre et qui devrait débuter dans trois mois), cet activiste rappelle que l’écosystème particulier de la région protège les terres des pluies, qui s’infiltrent normalement dans les vastes champs et rizières situés tout le long des côtes. Or les constructions dans ces zones empêchent la circulation des eaux, ce qui donne lieu aux inondations que l’on connait. Selon lui, une catastrophe similaire à Cheyyur pourrait être évitée, sachant que bon nombre de villages se situent directement sur la zone proposée pour la construction de l’usine hydro-énergétique. « Si le ministre visitait la zone aujourd’hui, il verrait qu’elle est entièrement sous l’eau » souligne l’auteur.

Inde: le violeur « mineur » de l’affaire Nirbhaya sort de prison trois ans après les faits

Scroll.in et The Hindu – La Cour suprême a tranché ce lundi et a rejeté l’appel de la Delhi Commission for Women, comité qui s’opposait à la sortie de prison de l’un des violeurs de l’affaire Nirbhaya – le viol groupé d’une jeune étudiante à Delhi le 16 décembre 2012, qui avait alerté l’opinion internationale sur la condition des femmes en Inde. Le violeur impliqué, mineur à l’époque des faits et âgé de 20 ans aujourd’hui, a donc été relâché, conformément à la loi sur la délinquence juvénile. Selon cette loi, il a déjà effectué la peine maximale de 3 ans, et ne peut donc demeurer en prison sans autre sanction législative. Le jeune homme aurait été l’un des agresseurs les plus brutaux dans l’affaire, ayant notamment éviscéré la victime. La justice l’a confié à une ONG pour deux ans en attendant qu’un comité indépendant rende une expertise sur son statut mental. Plusieurs membres du comité, dont les parents de la victime, protestaient devant la Cour et ont été détenu brièvement ce dimanche.

Par Cléa Chakraverty, avec Anda Djoehana Wiradikarta à Paris