Revue de presse Asie - 9 décembre 2015

Réticences chinoises à la COP21, élections locales en Indonésie et sommet indo-pakistanais "Heart of Asia"

Le Président afghan a été reçu aujourd’hui par le Premier ministre pakistanais à Islamabad, pour l’ouverture du sommet Heart of Asia
Le Président afghan a été reçu aujourd’hui par le Premier ministre pakistanais à Islamabad, pour l’ouverture du sommet "Heart of Asia". Copie d’écran de The Express Tribune, le 9 décembre 2015.

Asie du Nord-Est

La Chine bloque-t-elle les négociations de la COP21 ?

Financial Times – Ils se seraient déjà opposés à la création d’un système commun d’échange d’informations sur les politiques de lutte contre le changement climatique et à la révision obligatoire des objectifs de réduction d’émissions tous les 5 ans. D’après le Financial Times, les représentants chinois à la Conférence des Nations unies sur le Changement climatique bloqueraient bon nombre d’avancées en vue de l’accord final. Et c’est une mauvaise surprise : d’après le quotidien britannique, les délégués occidentaux s’attendaient à des réticences indiennes plutôt que chinoises, en vertu des discours respectifs de leurs présidents. A un Narendra Modi ferme sur la responsabilité des Etats occidentaux dans le changement climatique s’opposait un Xi Jinping plus conciliant et peut-être de meilleure volonté – en apparence seulement. Car les délégués indiens seraient bien plus enclins au compromis que leurs homologues chinois… L’accord final doit être adopté le vendredi 11 décembre.

Japon : arrestation d’un Sud-Coréen dans le cadre de l’explosion au sanctuaire de Yasukuni

The Japan Times – Le Sud-Coréen suspecté d’avoir posé un engin explosif dans les toilettes du sanctuaire de Yasukuni le 23 novembre a été arrêté ce mercredi à l’aéroport de Tokyo, alors qu’il retournait au Japon. Si Chon Chang-han, 27 ans, a admis s’être rendu au sanctuaire de Yasukuni durant son précédent séjour dans l’archipel, il a nié toute implication dans l’explosion, note le quotidien coréen The Chosunilbo. Les caméras de surveillance avaient capturé son image 30 minutes avant l’incident, portant un sac à dos, puis sortant des toilettes sans ce même sac. Une minuterie numérique, des batteries portant des inscriptions en coréen et des tubes métalliques vraisemblablement remplis de poudre à canon avaient été retrouvés sur les lieux de l’explosion.

Corée du Sud : tirs d’alerte contre un bateau chinois

The Korea Times – La Northern Limit Line (NLL), frontière maritime occidentale de facto entre les deux Corées, est le théâtre de fréquents affrontements entre les gouvernements de Séoul et de Pyongyang. Pourtant, hier, c’est un patrouilleur chinois qui s’est introduit dans les eaux territoriales du Sud. Après avoir émis 6 avertissements radio, la marine sud-coréenne a lancé plusieurs tirs d’alerte à l’encontre du navire qui a fini par rebrousser chemin. Et ce mercredi 9 décembre, le quotidien chinois Global Times publie un editorial au vitriol. Il accuse la Corée du Sud d’avoir adopté « un comportement irresponsable » étant donné que la NLL « n’est pas une frontière reconnue par le droit international ». Une remarque qui fera peut-être sourire les protagonistes de la mer de Chine du Sud, où Pékin revendique au sein d’une « ligne à neuf traits » l’ensemble des îles de la zone, sans que cette « ligne » n’ait été confirmée par le droit international.

Taïwan : la colistière d’Eric Chu (KMT) sur la sellette

China Post, Taipei Times et United Daily News – A l’appel du directeur de campagne du Kuomintang, Jennifer Wang – la colistière du ticket présidentiel du parti conservateur à l’élection du 16 janvier 2016 – a finalement présenté hier, en pleurs, des excuses et dit la vérité aux Taïwanais. Elle a avoué qu’elle et sa famille avaient effectivement acquis entre 1995 et 2003 douze appartements destinés au personnel des Armées.
Jennifer Wang a déclaré que les 13,8 millions de dollars taïwanais (près de 400 000 euros) qu’elle a retirés de la vente des neuf appartements seraient reversés à des organisations caritatives. Jennifer Wang a précisé que les acquisitions étaient toutes légales, même s’il s’agissait de logements reconstruits sur un complexe appartenant aux Armées et destinés à être cédés à des familles de militaires. D’après certains médias, elle aurait pu utiliser sa position de ministre, membre d’une commission sur le logement du ministère de la Défense pour être au courant de la vente. De son côté, Tsai Ing-wen, la candidate du Parti démocrate-progressiste (opposition), passe la barre des 50% d’intentions de vote – 52,6% selon les plus récents sondages.

Asie du Sud-Est

Birmanie : Aung San Suu Kyi rencontre le négociateur du gouvernement pour la paix

The Irrawaddy – Alors que l’accord national de cessez-le-feu a été ratifié hier par le Parlement birman, Aung San Suu Kyi a rencontré aujourd’hui le représentant du gouvernement central lors des négociations avec les groupes ethniques armés : Aung Min – également Vice-Président du Comité de Travail de l’Union pour la Paix et chef du Myanmar Peace Center. Le contenu des discussions n’a pas filtré, mais certainement Aung San Suu Kyi a-t-elle cherché à confronter sa vision de la réconciliation nationale birmane à celle du parti encore au pouvoir, afin d’aboutir à un compromis. Et d’assurer une transition politique sans heurts.

Les Indonésiens votent pour les élections locales

Wall Street Journal – Plus de 100 millions d’Indonésiens sont appelés aux urnes aujourd’hui pour élire leur représentants locaux, dont le rôle s’est accentué à la faveur des processus de démocratisation et de décentralisation lancés à la fin des années 1990. Aujourd’hui, leur poids est crucial dans la redynamisation de l’économie indonésienne (lois, budgets, plans d’infrastructures), analyse le Wall Street Journal. C’est la première fois que l’Indonésie organise autant d’élections locales simultanées, dans une logique de réduction des coûts : auparavant, ces élections étaient échelonnées tout au long de l’année. D’autres auront lieu en 2017 et 2018 afin que l’ensemble des représentants locaux soient renouvelés.

L’Indonésie organisera une série de rencontres sur le conflit israélo-palestinien, sous l’égide de l’ONU

The Jakarta Post – Acquise à la cause palestinienne et ouvertement en faveur d’une solution à deux Etats, l’Indonésie accueillera, du 14 au 16 décembre, une série de rencontres sous l’égide de l’ONU visant à établir une série de recommandations sur le conflit israélo-palestinien. Des représentants du Comité de l’ONU sur l’Exercice des Droits inaliénables du Peuple palestinien, des membres de l’Organisation de la Coopération Islamique, des experts internationaux (dont des Israéliens et des Palestiniens) ainsi que des diplomates se retrouveront autour de quatre grands dossiers : les litiges frontaliers, le retour des réfugiés en Palestine, le statut des colonies israéliennes illégales et la sécurité intérieure palestinienne.

Thaïlande : les ambassadeurs anglais et américain dans la tourmente

Bangkok Post – En Thaïlande, les diplomates occidentaux n’échappent pas au contrôle et à la censure de la junte. L’ambassadeur américain à Bangkok, Glyn T. Davies, fait l’objet d’une « enquête informelle » après un discours dans lequel il a critiqué les lourdes peines d’emprisonnement récemment prononcées pour crime de lèse-majesté dans le pays. Ce qui pourrait, d’après la police thaïlandaise, violer la loi royale sur la diffamation. De son côté, l’ambassadeur britannique Mark Kent est dans le colimateur des autorités de Bangkok après avoir exprimé son soutien aux étudiants et activistes arrêtés alors qu’ils se rendaient hier au parc Rajabhakti pour manifester contre la corruption.

Asie du Sud

Inde – Pakistan : Ouverture de la conférence « Heart of Asia » et promesses d’un réchauffement

The Express Tribune – Le président afghan Ashraf Ghani et le Premier ministre pakistanais Nawaz Sharif ont ouvert aujourd’hui la conférence ministérielle « Heart of Asia » (processus d’Istanbul) à Islamabad. Lancé en 2011, ce processus vise à renforcer la coopération régionale et améliorer l’interconnexion des pays d’Asie centrale et du Sud, le tout pour stabiliser l’Afghanistan.
Ce sommet est l’occasion d’une visite remarquée de la ministre indienne des Affaires étrangères à Islamabad, Sushma Swaraj. Le quotidien The Indian Express souligne la « main tendue » par la ministre au Pakistan au-delà de celle tendue à l’Afghanistan, pourtant au coeur des enjeux : « Il est temps que nous fassions montre de la maturité et de la confiance nécessaires pour faire des affaires ensemble ainsi que renforcer le commerce et la coopération régionale. Le monde entier attend et soutient le changement. Ne le décevons pas. » Et pour assurer la bonne volonté de New Delhi, Sushma Swaraj a annoncé que le Premier ministre indien Narendra Modi se rendrait au Pakistan en 2016 dans le cadre du sommet de la SAARC (Association sud-asiatique pour la Coopération régionale), rapporte le media d’information Firstpost.

Afghanistan : les Taliban attaquent l’aéroport de Kandahar

Al Jazeera – Et tandis que les chefs d’Etat et de gouvernement d’Asie centrale et du Sud se retrouvent pour discuter de la stabilité de l’Afghanistan, les Taliban ont attaqué l’aéroport de Kandahar (Sud), qui abrite des employés du gouvernement ainsi que des militaires afghans, américains et de l’OTAN. 22 personnes auraient été tuées, ainsi que 9 Taliban. Bien que les forces occidentales et gouvernementales aient pu reprendre le contrôle de l’aéroport après plusieurs heures d’affrontement, Al Jazeera se demande comment le groupe terroriste a pu entrer dans « l’une des infrastructures militaires les plus puissament fortifiées du pays ».

Bangladesh : un membre présumé du groupe islamiste Jamayetul Mujahideen Bangladesh admet le meurtre de l’agriculteur japonais

The Japan Times – Le voile se lève peu à peu sur la série d’exécutions d’étrangers qu’a connue le Bangladesh ces derniers mois. Les autorités de Dacca ont annoncé aujourd’hui qu’un membre présumé du groupe islamiste Jamayetul Mujahideen Bangladesh, Masud Rana, avait admis le meurtre d’un agriculteur japonais au mois d’octobre. L’attaque avait été revendiquée par l’Etat islamique, dont Dacca a toujours nié la présence sur son sol.
Par Alexandre Gandil, avec Sylvie Lasserre-Yousafzai à Istanbul, Victor Yu à Taipei et Anda Djoehana Wiradikarta à Paris.