Revue de Presse Asie – 19 octobre 2015

6,9 % de croissance en Chine, fermeture d’églises en Indonésie et mouvements anti-pakistanais en Inde

Une habitante de Suka Makmur (province d’Aceh, Indonésie) pleure l’incendie criminel d’une église, la semaine dernière. Copie d’écran de The Irrawaddy, le 19 octobre 2015.
Une habitante de Suka Makmur (province d’Aceh, Indonésie) pleure l’incendie criminel d’une église, la semaine dernière. Copie d’écran de The Irrawaddy, le 19 octobre 2015.

ASIE DU NORD-EST

Chine : la croissance à 6,9 %, au plus bas depuis la crise mondiale

South China Morning Post – Pour la Chine, c’est peu ; mais c’est mieux que prévu. Avec 6,9 % de croissance au 3e trimestre 2015, Pékin enregistre ses chiffres les plus bas depuis 6 ans, même si les estimations prévoyaient un taux de 6,8 %. D’après le South China Morning Post, les observateurs s’attendent désormais à de nouvelles mesures du gouvernement chinois contre le ralentissement de leur économie. En cause, rappelle le quotidien hongkongais, une production industrielle affaiblie et des investissements en baisse.

Les deux Corée prêtes à reprendre les réunions familiales

The Korea Herald – Les premières réunions familiales intercoréennes depuis 2014 se dérouleront cette semaine, indique The Korea Herald. Près de 400 Sud-Coréens, déjà rassemblés à la frontière, se rendront au Nord dès demain mardi 20 octobre. Au programme : deux sessions de retrouvailles, chacune étalée sur trois jours et ponctuée par six rencontres de deux heures (deux réunions de groupes, une réception de bienvenue, une rencontre individuelle, un dîner de groupe et une réception d’adieu). Pour le gouvernement sud-coréen, ces rencontres sont d’ordre humanitaire : les membres de familles séparées par la guerre de Corée (1950-1953) vieillissent et se font de moins en moins nombreux. Séoul souhaite d’ailleurs que les Coréens concernés puissent échanger directement par lettres et vidéos interposées – un souhait jusque-là refusé par Pyongyang, qui craint la diffusion d’informations étrangères auprès de sa population. De son côté, Kim Jong-un, d’après le Wall Street Journal, voit plutôt ces réunions comme l’occasion de redorer son image et d’obtenir des concessions de la part du Sud.

Japon : nouvelle manifestation contre les lois de défense

The Mainichi – Cela fait un mois que le Parlement japonais a adopté les lois de défense controversées, mais l’opposition se fait toujours entendre. Hier dimanche 18 octobre, une manifestation rassemblant les députés de l’opposition et un groupe de jeunes militants (Students Emergency Action for Liberal Democracy, SEALDs) s’est déroulée à Tokyo pour demander leur abolition. Ces lois, qui permettent l’envoi de troupes japonaises sur un théâtre d’opération extérieur en soutien à un allié, remettent en cause la doctrine de pacifisme absolu adpotée par le pays après la Seconde Guerre mondiale.

Taïwan: Eric Chu, nouveau candidat du KMT à la présidentielle de 2016

Taipei Times, China Post, United Daily News et China Times – Le dernier acte du psychodrame au Kuomointang ? Ce week-end à Taipei, le congrès extraordinaire du parti conservateur au pouvoir, convoqué en urgence dans la sueur et le sang, a accouché d’une résolution de taille sur sa candidature à la présidentielle de 2016 : le retrait de l’investiture accordée à Hong Hsiu-chu, la vice-présidente du Parlement, au profit du président du parti, Eric Chu, jeune maire fringant censé sauver le paquebot du KMT (et surtout son groupe parlementaire) d’une défaite historique. Il devra donc affronter Tsai Ing-wen, la candidate de l’opposition qui n’a jamais décroché du seuil des 40% d’intentions de vote depuis le lancement des études d’opinion pour la prochaine présidentielle. Malgré cette évolution majeure dans la campagne électorale, la plupart des sondages donnent Eric Chu quand même perdant. Désormais, les dés sont jetés. Il reste moins de 100 jours au maire de la capitale pour remonter du tréfond des sondages et pour redonner une nouvelle dynamique à la campagne présidentielle du KMT.

ASIE DU SUD-EST

Birmanie : l’élection a commencé pour les Birmans de la diaspora, longues files d’attente à Singapour

The Straits Times – Les élections législatives auront lieu le 8 novembre en Birmanie, mais les Birmans de l’étranger peuvent déjà voter. C’est le cas pour la diaspora de Singapour : 20 000 ressortissants birmans s’y sont inscrits sur les listes électorales et se relaient devant leur ambassade, depuis le jeudi 15 octobre. Chaque jour, de longues files d’attente se forment sur des centaines de mètres et montrent l’engouement des citoyens birmans qui peuvent voter jusqu’à mercredi, indique The Straits Times.

Indonésie : Aceh ferme des églises sous la pression des musulmans radicaux

The Irrawaddy avec Reuters – Les musulmans radicaux auront eu gain de cause à Aceh. Après de violentes manifestations la semaine dernière, qui ont causé la destruction d’une église et la mort d’un manifestant, les autorités d’Aceh ont imposé la fermeture de 6 églises pour défaut de permis de construire. The Irrawaddy, citant Reuters, rappelle que la province d’Aceh jouit d’une autonomie particulière depuis 2005, ce qui lui permet d’appliquer la charia. C’est donc ce contexte particulièrement tendu que plusieurs intellectuels catholiques (membres de la Catholic Intellectual Association of Indonesia, ISKA) ont décidé de se rassembler pour discuter de la montée de l’intolérance religieuse en Indonésie, note le quotidien Tempo.

Thaïlande : la « réforme » politique pour juin 2017

Bangkok Post – Par petites touches savamment dosées, la réforme politique continue de s’éloigner en Thaïlande. L’Assemblée directrice pour la Réforme nationale (National Reform Steering Assembly, NRSA) a dévoilé un nouveau calendrier sur le format « 1-1-18 » : 1 mois pour établir les règles de ses réunions et établir 11 comités en charge des réformes, 1 mois pour proposer 37 réformes prioritaires, puis 18 mois pour mettre au point les « plans d’action » de la réforme, qui seront ensuite soumis au gouvernement. Un calendrier parfaitement synchronisé avec celui de la junte, pour laquelle 20 mois sont également nécessaires avant de mettre en place des élections. En fin de compte, la réforme politique ne devrait pas intervenir avant juin 2017, soit plus de 3 ans après le coup d’Etat de mai 2014.

ASIE DU SUD

Inde : boycott du Pakistan par la branche radicale des nationalistes hindous

Times of India – Les tensions indo-pakistanaises débordent du champ politique pour affecter la culture et le sport. La rencontre entre des officiels indiens et pakistanais du cricket a été annulée après que 200 manifestants du Shiv Sena, parti nationaliste hindou, ont pris d’assaut le siège du Board of Control for Cricket in India à Bombay, où devait se dérouler la réunion. D’après le quotidien pakistanais Dawn, les manifestants auraient forcé les portes du bâtiment et crié des slogans anti-pakistanais.
Le parti Shiv Sena est également à l’origine de l’attaque contre Sudheendra Kulkarni, éditorialiste indien ayant publiquement reçu un ancien Premier ministre pakistanais à Bombay pour le lancement de son livre. Dawn lui impute également l’annulation du concert du chanteur pakistanais Ghulam Ali, toujours à Bombay.

Pakistan : Zardari critique la « mentalité dictatoriale » du gouvernement

Dawn – Cette attaque va-t-elle fragiliser le Premier mininstre Nawaz Sharif ? Elle provient de l’ancien président du Pakistan, sif Ali Zardari, actuel co-président du PPP, le Parti du Peuple Pakistanais de feu Benazir Bhutto. Zardari a choisi le jour de la commémoration de l’assassinat de l’ancienne Premier ministre en 2007, le bombardement de Karsaz. Attention à la « mentalité dictatoriale » du gouvernement actuel, a mis en garde Zardari à l’adresse de ses compatriotes. D’après lui, la démocratie pakistanaise est menacée par l’affaiblissement du Parlement et les dérives autoritaires des institutions gouvernementales, qui ignorent parfois la Constitution.

Sri Lanka : les sous-marins chinois autorisés à patrouiller… mais pas trop souvent

The Straits Times – Outre la réconciliation nationale, le nouveau gouvernement sri-lankais veille à l’apaisement de son environnement régional. Ainsi le Premier ministre Ranil Wickremesinghe a-t-il déclaré au Straits Times qu’il continuerait d’autoriser les patrouilles de sous-marins chinois au large du Sri Lanka, à condition qu’elles ne soient pas trop fréquentes et que les pays voisins en soient informés. L’Inde est directement visée : récemment, les « visites » de sous-marins chinois avaient irrité le gouvernement de New Delhi qui n’avait pas été mis au courant. Et les relations indo-sri-lankaises en avaient pâti, Colombo étant accusé d’entretenir des relations trop étroites avec Pékin.

Par Joris Zylberman et Alexandre Gandil, avec Victor Yu à Taipei et Anda Djoehana Wiradikarta à Paris