Revue de Presse Asie - 24 août 2015

Krach boursier à Shanghai, tensions en Corée et DJ emprisonné au Pakistan

Image de la Copie d’écran du South China Morning
Copie d’écran du South China Morning Post, le 24 août 2015. La bourse de Shanghai dégringole et entraîne les marchés internationaux dans la tourmente.

ASIE DU NORD-EST

Bourse de Shanghai : la chute libre s’amplifie, la contagion internationale guetteGlobal Times – Malgré l’annonce de l’ouverture du marché boursier aux fonds de pension, l’indice composite de Shanghai enregistre ce lundi une chute vertigineuse de plus de 8% à la mi-séance. La bourse de Shenzhen de son coté s’enfonçait de pas moins de 7,7%, ce qui s’apparente à un véritable « Black Monday » pour les bourses chinoises selon le Guardian. Le quotidien britannique relève que la contagion sur les marchés internationaux a déjà commencé avec une chute de 4,6% au Japon et sur les marchés occidentaux qui devraient également enregistrer de lourdes pertes. Comme le note le Global Times, la possibilité annoncée dimanche par les autorités chinoises pour les fonds de pension locaux d’investir jusqu’à 30% de leurs actifs nets en bourse, n’a pas suffisamment rassuré les marchés. Les inquiétudes sur le ralentissement de la deuxième puissance économique mondiale continuent donc à prévaloir, et les multiples annonces de programmes officiels pour relancer l’activité chinoise n’ont pour l’instant pas d’effet sur les anticipations des investisseurs.

Shinzo Abe zappe le 70e anniversaire de la « victoire » chinoise sur le JaponYomiuri Shimbun – Et pendant que les marchés financiers dévissent, la marmite des nationalismes régionaux est en pleine ébullition. Alors que la Chine prépare en grande pompe son défilé militaire place Tiananmen du 3 septembre prochain, le Premier ministre japonais annonce aujourd’hui qu’il ne se rendra finalement pas aux cérémonies à Pékin, comme il l’avait laissé entendre auparavant. Une annonce reprise par l’ensemble de la presse nippone et qui s’explique, selon le Yomiuru Shimbun, par la volonté de Shinzo Abe de se concentrer sur son projet controversé de réforme de la défense du pays, actuellement débattu à la Chambre des Conseillers. De son coté, le Mainichi estime que c’est parce que la Chine n’est pas en mesure d’assurer qu’il ne s’agira pas d’un événement « anti-japonais » mais bien d’un temps pour la « réconciliation » que cette décision a été prise. Il est vrai que la cérémonie voulue par le président Xi Jinping a été également boudée pour les dirigeants occidentaux. Pour l’instant, seuls Vladimir Poutine et la présidente sud-coréenne Park Geun Hye ont confirmé leur présence. Dans un climat déjà conflictuel, cette nouvelle « perte de face » infligée par Abe à la Chine ne va pas faire baisser les tensions régionales…

Corée : négociations marathon et tensions entre le Nord et le SudChosun Il-bo – Dix heures de négociations pour rien, tel est le bilan d’un rare dialogue bilatéral entre les deux Corées en vu de faire baisser la tension après l’ultimatum lancé par Kim Jong-un pour faire cesser la propagande sur haut-parleur de Séoul à la frontière. Selon le quotidien sud-coréen Chosun Il-bo, les discussions ont buté sur les demandes d’excuses adressées réciproquement par les négociateurs de chaque camp, mais la bonne nouvelle étant que Pyongyang n’a pour le moment pas décidé de fermer la porte. Reste que les tensions sont vives, comme en atteste l’avis des autorités sud-coréennes demandant à ses ressortissants de ne pas se rendre à la frontière en la Chine et la Corée du Nord, rapporte le Korea Herald.

Anecdotique mais tout aussi révélateur, le Korea Times consacre un article à la colère de résidents d’Incheon, quartier proche de la DMZ côté sud, effrayés par un spectacle de feux d’artifices qu’ils ont confondu avec le lancement d’une véritable attaque militaire.

ASIE DU SUD-EST

Thailande: les conditions déplorables des travailleurs étrangers sous les projecteursPrachatai – Pas facile d’être un travailleur étranger au pays du sourire, c’est ce que révélait en 2013 un rapport de l’ONG finlandaise Finnwatch. On y apprenait ainsi que l’entreprise Natural Fruit Co ltd, spécialisée dans les fruits en conserve, n’hésitait pas à confisquer les passeports de ses employés venus de Birmanie, à les payer en-dessous du salaire minimal ou encore à faire travailler des enfants de moins de 15 ans. L’entreprise contre-attaque aujourd’hui en déposant plainte pour diffamation contre Andy Hall, un défenseur britannique des droits des migrants responsable des entretiens avec les travailleurs en Birmanie. Natural Fruit Co avait déjà perdu contre l’activiste en 2014 et cette nouvelle action en justice est critiquée à l’international comme étant du harcèlement.

En parallèle à cette affaire, le Bangkok Post revient sur la libération samedi dernier de 13 travailleurs clandestins laotiens travaillant dans une ferme à Nakhon Pathom au centre du pays. Quasiment réduits à l’état d’esclaves, les migrants étaient logés dans des cages et battus. La police suspecte l’existence d’un véritable trafic humain.

Cambodge : Un étudiant incarcéré pour un post « révolutionnaire » sur FacebookCambodia Daily – Un jeune étudiant de 25 ans à l’université de Phnom Penh a été arrêté vendredi dernier à la sortie des cours pour avoir posté sur Facebook un message appelant à une « révolution de couleur » pour renverser le régime actuel. Le porte-parole du ministère de l’Intérieur a précisé que cette arrestation était le résultat de la propagande déstabilisatrice d’un « certain » parti politique, sans plus élaborer. La prison de Prey Sar, où est retenu l’étudiant dans l’attente de son jugement, pourrait aussi accueillir les journalistes qui écriraient sur la révolution de couleur, a également menacé le porte-parole,… Cette arrestation intervient un mois après que le Premier ministre Hun Sen a dénoncé dans un discours les risques révolutionnaires dans le pays.

L’Indonésie relance l’infrastructure routière avec des emprunts chinoisThe Jakarta Globe – Jakarta a annoncé vouloir utiliser 385 millions de dollars pour lancer la construction le mois prochain de 3 routes à péage sur les îles de Java, Kalimantan et Sulawesi, sur les 1,5 milliards prêtés par la Chine dernièrement. Cet emprunt chinois fait partie des quelque 23,2 milliards de dollars que le pays compte emprunter à l’étranger sous 4 ans pour financer le développement d’infrastructures et soutenir la croissance économique.

ASIE DU SUD

Inde : la déflagration du Sensex à la uneTimes of India – La bourse de Bombay a connu sa plus forte chute depuis 7 ans en concédant près de 6% ce lundi, dans la foulée des marchés internationaux en réaction au crash de plus de 8% du marché chinois à Shanghai. En pleine tourmente boursière, les analystes locaux estiment néanmoins que l’Inde, avec sa solide croissance économique, devrait bénéficier d’un flux de capitaux de l’étranger et repartir à la hausse rapidement. « Ce n’est pas un lundi noir ici mais plutôt une belle opportunité d’achats à la baisse », expliquait ainsi un trader à Firstpost.com. De son coté, le ministre des Finances, Arun Jaitley, expliquait au Times of India qu’il ne voyait aucun élément à cette chute qui ne soit pas extérieur à l’Inde et qu’il anticipait pour cela une stabilisation rapide du marché local.

Au Pakistan, DJ Butt sort de prison sous caution Dawn – Figure populaire, DJ Butt avait animé en musique les 126 jours de sit-in du PTI (parti politique fondé par la star de cricket Imran Khan) en 2014. Il a été arrêté vendredi dernier pour avoir enfreint une loi pakistanaise bannissant sous certaines conditions l’usage de haut-parleur. Une cour locale à Islamabad a décidé sa libération sous caution ce lundi avec obligation de se présenter le 3 septembre pour la suite des auditions.

ASIE CENTRALE

L’Afghanistan découvre les « commandos islamiques », un nouveau groupe terroriste Khaama Press – Après les Talibans, Al Qaeda et Daech, un nouveau groupe terroriste semble émerger en Afghanistan dans la province du Ghazni selon le gouverneur adjoint de la zone. « Les commandos islamiques » dont on ne connaît que peu de chose on déjà réalisé plusieurs kidnappings pour obtenir la libération de prisonniers et combattent les forces de sécurité nationale dans le nord du pays. Selon les autorités locales le groupe compterait déjà près de 1000 militants.

La rédaction d’Asialyst