Revue de presse Asie - 13 août 2015

Explosions à Tianjin, Coup de théâtre birman et Maggi en Inde

Copie d’écran du South China Morning Post, le 13 août 2015
Copie d’écran du South China Morning Post, le 13 août 2015.

Asie du Nord-Est

Chine : explosions dévastatrices à Tianjin, « une attaque nucléaire ? », demande un témoinSouth China Morning Post« On aurait dit des étoiles filantes » ; « c’est à ça que doit ressembler une attaque nucléaire » ; « c’était terrifiant, mais c’était aussi très beau ». Les témoins sont encore sous le choc, et pour cause. Dans la ville portuaire de Tianjin (à 150 km de Pékin), un incendie dans un entrepôt de « produits chimiques dangereux » a provoqué ce mercredi 12 août à 23h30 heures chinoises 2 énormes explosions, à 30 secondes d’intervalle ; la seconde 7 fois plus puissante que la première (équivalente à 21 tonnes de TNT, ou à un séisme de magnitude 2,9).
Le dernier bilan fait état de 44 morts (dont 12 pompiers) et plusieurs centaines de blessés, dont 520 ont été admis à l’hôpital. Mais ces chiffres pourraient continuer de grimper. Ainsi le China Daily a publié une photo satellite montrant qu’à 700 m du site de la déflagration vivent 5 617 familles dans un quartier résidentiel. Cela alors même que le souffle de l’explosion a brisé les fenêtres de bâtiments dans un rayon de plusieurs kilomètres…
Le président Xi Jinping a appelé à une réaction rapide afin de maîtriser la catastrophe. L’Etat a ainsi déployé une brigade spéciale de lutte contre les armes chimiques (8 000 soldats) et 1 500 policiers pour venir en aide aux équipes déjà présentes sur place, dont environ 1 000 pompiers. Trois médecins-chefs ont été envoyés depuis Pékin, et les habitants de Tianjin se pressent pour donner leur sang, rapporte toujours le China Daily.
Si la BBC parle d’un « accident industriel », les causes premières de l’incendie restent pour l’instant indéterminées. De même, rien ne vient encore expliquer pourquoi la seconde explosion a été beaucoup plus puissante que la première. Les regards se braquent désormais sur la société propriétaire de l’entrepôt, Ruihai Logistics (瑞海国际物流有限公司) dont le patron a été placé en garde à vue aujourd’hui. Créée en 2011, cette petite entreprise (70 personnes) est spécialisée dans le stockage, le transit et le transport de « produits chimiques dangereux » indique son site internet, actuellement inaccessible.
Tandis qu’aucun commentaire n’a été fait de la part de Ruihai, des informations contradictoires sur la formation de ses employés commencent à faire surface. Si l’un d’entre eux, cité par le China Daily, indique « ne pas avoir appris à traiter et manipuler des substances chimiques dangereuses », le suivi live du China Youth Daily (en chinois) rappelle que Ruihai aurait organisé l’année dernière plusieurs sessions d’exercices en cas de déversement de produits chimiques dans l’entrepôt…
Japon : 5 ex-Premiers ministres critiquent la réforme militaire de Shinzo AbeJapan Times – Avec ses nouvelles lois de défense, le Premier ministre nippon se met à dos ses prédécesseurs. Cinq d’entre eux ont répondu à la demande d’un groupe de journalistes pour obtenir leur avis sur la réforme militaire de Shinzo Abe. Ce dernier souhaite pouvoir envoyer à l’étranger ses Forces d’autodéfense (FAD, nom officiel de l’armée) pour venir en aide à un allié comme les Etats-Unis. « Je demande au Premier ministre de changer de politique », appelle Yukio Hatoyama (en poste entre 2009 et 2010). Pour Morihiro Hosokawa (1993-1994), « [le vote de ces lois] ferait s’effondrer le constitutionnalisme et menacerait l’intérêt national. » Tomiichi Murayama (1994-1996) reproche à Shinzo Abe de « négliger la voix de son peuple ». Naoto Kan va plus loin : « Je demande sa démission. » Et pour Tsutomu Hata (1994), « il faut protéger le Japon contre Shinzo Abe ». Il reste encore à la chambre haute du parlement japonais à approuver ces lois pour qu’elles puissent être mises en application, rappelle le Japan Times.
Corée du Nord : Tinder revendique “beaucoup” d’utilisateurs nord-coréensKorea Times« Les Nord-coréens sont-ils sur Tinder ? » se demande le Korea Times. C’est ce que prétend l’application américaine de rencontres, d’après un tweet posté ce mercredi 12 août. Pourtant, le téléchargement de Tinder requiert un compte Facebook – réseau social inaccessible depuis Pyongyang. Plus déterminant encore, « il faut garder à l’esprit que les Nord-coréens n’ont pas accès à internet », rappelle Simon Cockerell, directeur de l’agence de voyages Koryo Tour. D’après lui, les connexions sur Tinder en Corée du Nord pourraient être celles de touristes étrangers, mais qui sont loin d’être « nombreux ».

Asie du Sud-Est

Birmanie : le chef du parti au pouvoir limogé et remplacé par Thein SeinAsian Correspondent – Coup de théâtre en Birmanie : le général en retraite Thura Shwe Mann, leader du parti pro-militaire au pouvoir Union for Solidarity and Development (USD) et président de l’Assemblée nationale, a été destitué de son poste de chef du parti. Selon le site Asian Correspondent, ce limogeage reflète, à trois mois des élections générales, les tensions internes au sein des milieux du pouvoir, notamment entre Shwe Mann et le président Thein Sein, lui aussi général en retraite. Ce dernier reprocherait à Shwe Mann sa volonté de limiter le pouvoir des militaires au sein du système politique et sa trop grande proximité avec la cheffe de l’opposition Aung San Suu Kyi.
Thaïlande : nommer son frère chef de l’armée, aucun problème pour le Premier ministreSouth China Morning Post – Il justifiait son coup d’Etat de mai 2014 par le népotisme de l’ancien gouvernement, et pourtant : l’actuel Premier ministre thaïlandais et chef de la junte Prayut Chan-O-Cha applique les mêmes méthodes. Il souhaite en effet nommer son frère Preecha chef de l’armée, poste-clé dans une Thailande qui a connu 19 coups d’Etat militaires (réussis ou non) depuis la fin de la monarchie absolue en 1932. C’était d’ailleurs le poste qu’occupait Prayut lorsqu’il a pris le pouvoir l’année dernière. Dans des propos rapportés par l’AFP et le South China Morning Post, le Premier ministre ne trouve rien à se reprocher : « En quoi est-ce un problème qu’il soit mon petit frère ? […] Il ne m’a rien demandé, il a fait son chemin tout seul. » Prayut Chan-O-Cha a également déclaré ne pas craindre un éventuel contre-coup d’Etat suite à sa décision.
Malaisie : nouvelle théorie sur le crash du MH370Sydney Morning Herald – Le Boeing 777 de Malaysian Airlines aurait volé 7 heures avant de descendre lentement au-dessus de l’océan indien d’y plonger sans s’être brisé. C’est en tout cas la théorie de Zaaim Redha, expert malaisien, relayée par l’agence de presse Bernama News Agency.
Selon lui, le flaperon récemment retrouvé sur l’île de la Réunion viendrait d’ailleurs confirmer son raisonnement : la pièce est arrivée en un seul morceau et semble pas s’être détachée violemment de l’aile. Certaines personnes, ajoute Zaaim Redha, pouvaient être encore vivantes lorsque l’avion s’est enfoncé dans l’océan. Jusqu’à présent, la théorie privilégiée était celle d’un crash violent dans l’Océan indien.

Asie du Sud

Inde : l’interdiction des nouilles Maggi levéeTimes of India – La Haute Cour de Bombay a invalidé l’interdiction nationale de vente des nouilles instantanées Maggi, prononcée en juin par la Food Safety Standard Association of India (FSSAI). En cause, des entorses à la procédure légale et le « non-respect de la justice naturelle ». Néanmoins, alertée par le taux élevé de plomb dans les nouilles, la Cour a demandé à trois laboratoires de fournir des analyses complémentaires sur ces produits Maggi avant qu’ils ne puissent de nouveau être commercialisés.
Népal : les efforts de reconstruction et de secours post-séisme toujours entravésAsian Correspondent – Quatre mois après le violent séisme qui a secoué le Népal, certaines régions du pays restent encore très largement sinistrées. La journaliste Alexandra Demetrianova revient avec précision, pour The Asian Correspondent, sur les raisons qui expliquent la lenteur des opérations de secours comme des travaux de reconstruction. Ainsi, la corruption élevée, l’absence de gouvernement élu (donc légitime) et le relief fortement escarpé ne permettent pas de créer un environnement favorable à la distribution de l’aide internationale. En outre, les travaux de reconstruction et d’assistance aux sinistrés doivent être couplés avec une vaste politique de prévention afin que les dégâts soient moins importants en cas de nouveau séisme.

La rédaction d’Asialyst