Revue de Presse Asie - 4 août 2015

Tempête sur Taïwan, mathématiques singapouriennes et porno indien

Copie d'écran du site The Sydney Morning Herald, le 4 août 2015
Copie d'écran du site The Sydney Morning Herald, le 4 août 2015

Asie du Nord-Est

Taïwan : le super typhon Soudelor approcheTaipei Times – Méfiez-vous des apparences ! Et oui, n’en déplaise à son style barbe-à-papa vue du ciel, c’est bien un gros méchant typhon qui se dirige vers Taïwan. La tempête tropicale est née dans le Pacifique. Soudelor, c’est son petit nom, gronde et grossit à mesure qu’il se rapproche des côtes taïwanaises. Sur le principe de la boule de neige, il pourrait même entrer dans la catégorie 4 ou 5 des tempêtes, autrement dit devenir un super typhon vendredi en débarquant sur les terres, indique Peter Hannam, notre confrère chargé de l’environnement et des phénomènes climatiques au Sydney Morning Herald. La tempête pourrait frapper le Nord et les régions du centre de Taiwan vendredi, poursuit le Taipei Times. La trajectoire et la force de Soudelor dépendent maintenant de la force des systèmes de hautes pressions dans le Pacifique, précise le journal.
Les Chinois moins forts que les Américains en mathématiques ?The Straits Times Qui aime bien, se compare bien. C’est vrai qu’elles passent leurs temps à se défier les deux premières économies du monde. Après des années de domination chinoise, l’équipe des États-Unis a ainsi finalement brisé un cycle de 21 défaites consécutives, en remportant la première place lors des Olympiades Internationales de Mathématiques cette année. Du coup, l’entraîneur national de l’équipe américaine confie sa joie au quotidien singapourien The Straits Times : « Lorsque vous êtes en mesure de défier un pays qui fait quatre fois votre taille et qui n’a plus rien à démontrer en matière de sagesse traditionnelle ainsi que dans les maths et les sciences, c’est une très grosse affaire », a déclaré le Dr Po-Shen Loh, professeur agrégé de mathématiques à l’Université Carnegie Mellon (CMU).
Et n’y voyez ici aucune copie des méthodes et des techniques d’entraînement chinoises. Le Dr Loh, qui est né aux États-Unis mais dont les parents sont originaires de Singapour, a déclaré que cette victoire n’était pas liée à « un bachotage de style asiatique », mais au contraire à une combinaison entre « l’intérêt des élèves et l’accessibilité au matériel d’apprentissage ».
Cette victoire au plus haut niveau intervient toutefois dans un contexte de vive préoccupation du corps enseignement américain, suite à « une détérioration de l’enseignement des mathématiques et plus généralement des matière scientifiques dans les écoles américaines dans leur ensemble ». Le pays est classé 36ème sur 64 en mathématiques et 28 pour les sciences, selon le Programme PISA 2012 qui a interrogé les connaissances de jeunes élèves âgés de 15 ans. The Straits Times ne manquant pas de rappeler qu’à ce même classement, Singapour était arrivée deuxième pour les maths et troisième pour les sciences.

Asie du Sud-Est

Thaïlande : altercation entre Ouïghours expulsés et policiers
South China Morning Post – C’est un geste de désespoir d’hommes qui se croient condamnés à une mort certaine en Chine. La scène se passe le mois dernier dans un aéroport thaïlandais. La photo amateur publiée par le South China Morning Post montre une altercation sur une passerelle d’avion entre, d’une part les policiers chinois et thaïlandais, et de l’autre des Ouïghours expulsés de Thaïlande. « Nous avons été trompés », auraient crié ces derniers, se croyant encore une fois promis à une exécution une fois arrivé en Chine. Les faits sont ici rapportés par le journal officiel de la province du Xinjiang dans le Far-West chinois, et repris par le quotidien anglophone de Hong Kong. Des faits à prendre avec précaution donc, et « qui ne peuvent être vérifiés de manière indépendante », précise le SCMP. Le quotidien du Xinjiang, qui ne fournit pas le nombre de Ouïghours expulsés, écrit que ces hommes ont été hébergés dans « un refuge temporaire » une fois débarqués au Xinjiang, et qu’ils auraient bénéficié de « bons soins médicaux », comme s’il en existait de mauvais.
Avant leur expulsion, la presse officielle chinoise avait tiré à boulets rouges sur ces Ouïghours réfugiés en Thaïlande, en les accusant de chercher à « se rendre en Syrie et en Irak pour combattre aux côtés du groupe État Islamique. » Selon la Télévision Centrale de Chine, au moins 13 de ces « Ouïghours rapatriés » sont soupçonnés « d’infractions terroristes. »
Malaisie : blanchi par l’agence anti-corruption, le Premier ministre reste sous le feu des critiquesThe Malaysian Times – L’opposition maintient la pression sur Najib Razak en Malaisie, et cela malgré les déclarations de l’agence anti-corruption. Hier, lundi 3 août, cette agence a en effet reconnu que 2,6 milliards de ringgit (environ 675 million de dollars) avaient bien été transférés sur des comptes privés appartenant au Premier ministre, mais en spécifiant que la somme en question provenait de dons, et non d’un virement de « 1MDB » ou 1Malaysia développement Berhad, la compagnie d’Etat très endettée et chargée d’aider le gouvernement dans ses projets économiques de longs termes. A en croire les enquêteurs, Najib Razak serait donc blanc comme neige. Ce que d’ailleurs la presse malaisienne s’est empressée de rapporter en fanfare, avec notamment cet énorme « 1MDB » qui barre la photo sur la home page du Malaysian Times. Ce qui n’empêche pas les opposants de douter et de continuer à demander la démission du chef du gouvernement. Ce sont nos confrères du Wall Street Journal qui sont à l’origine du scandale. En juillet dernier, le quotidien américain affirmait que la « 1MDB » avait déposé près de 700 millions de dollars sur les comptes privés du Premier ministre.
Indonésie : 12 ressortissants condamnés à mort puis graciés en Arabie SaouditeThe Jakarta Post – L’annonce peut surprendre dans le contexte de la reprise des exécutions en Indonésie. La direction du ministère des Affaires étrangères chargée de l’aide juridique et de la protection des ressortissants indonésiens à l’étranger affirme ce mardi avoir obtenu, en 2015, la libération de 12 citoyens indonésiens condamnés à la peine de mort en Arabie Saoudite. Selon ce même ministère, 24 citoyens indonésiens sont toujours dans le couloir de la mort dans les prisons saoudiennes. Parmi eux, 12 font face à des accusations de meurtre, neuf sont accusés d’adultère et trois de magie noire. Une manière peut-être de dire à l’opinion qu’il est normal que les chancelleries étrangères defendent leurs ressortissants condamnés à la peine de mort en Indonésie ?

Asie du Sud

Pakistan : exécution d’un homme accusé d’infanticide étant mineurDawn – Voilà un « cold case » comme disent les Américains, un dossier judiciaire « froid », redevenu brûlant ces dernières semaines et qui a fait courir les claviers du monde entier. Il faut dire que l’affaire Shafqat Hussain est devenue un symbole dans le combat que se livrent partisans et opposants à la peine de mort au Pakistan. M. Hussain a été exécuté par pendaison mardi aux petites heures de l’aube dans sa prison de Karachi, fait savoir le site d’information Dawn News.
Arrêté en 2004, Shafqat Hussain a été condamné à mort pour l’enlèvement et l’assassinat d’un garçon de sept ans dans un immeuble de la mégalopole du sud du Pakistan, où il travaillait comme garde de sécurité. Suite à de nombreux appels de ses avocats, la Cour Suprême a rejeté une ultime requête en révision arguant que le condamné était lui-même âgé de 14 ans et donc mineur au moment des faits.
Il y a six mois, le ministre pakistanais de l’Intérieur Chaudry Nisar Ali Khan, lui avait accordé un sursis, le temps de vérifier certains éléments de l’enquête. Des organisations de défense des droits de l’Homme telles que Reprieve ou Amnesty International ont jusqu’au dernier moment demandé au gouvernement de suspendre l’exécution.
Inde : le gouvernement songe à un médiateur pour réglementer le porno sur InternetThe Times of India – Devant la levée de boucliers suscitée par la nouvelle législation anti-porno, le gouvernement envisage la mise en place d’un ombudsman, autrement dit un médiateur charger de garder un œil sur la pornographie et autres contenus répréhensibles sur le Net. Ce que les critiques qualifient « d’interdiction Modi » du nom du Premier ministre qui a déjà ordonné la fermeture de 857 sites, au nom des « valeurs morales indiennes » et de la lutte contre la pédophilie. Les mesures suscitent une vive polémique dans le pays et notamment du côté de Bollywood. La chanteuse Vishal Dadlani a ainsi beau jeu de tweeter sur une interdiction qui ironiquement émane « du même parti dont les députés se sont fait attraper en train de regarder des films pornos au parlement ». Le site DNA allant jusqu’à se demander si cette interdiction ne serait pas simplement « futile » .

La rédaction d’Asialyst