Revue de presse Asie - 12 juin 2015

Nucléaire japonais, Aung San Suu Kyi à Pékin et pétrole timorien

Capture écran de The Irrawady.
Capture écran de The Irrawady.

Japon : retour à Fukushima

Kyodo News – Les questions autour de l’énergie nucléaire demeurent au centre de l’actualité au Japon avec cette semaine plusieurs annonces importantes. Le gouvernement a décidé le 12 juin de lever d’ici à la fin 2016 les ordres d’évacuation des zones affectées par la catastrophe nucléaire de Fukushima, annonce Kyodo News. Cette mesure pourrait permettre à plus de 50 000 personnes, soit 70% des personnes évacuées, de regagner les environs de la centrale nucléaire. Mais l’opinion publique demeure très sceptique sur la décontamination de ces zones.
Dans le même temps, le gouvernement et l’exploitant de la centrale endommagée le 11 mars 2011, TEPCO, annoncent un nouveau report du retrait du combustible d’uranium usagé actuellement présent dans les piscines de refroidissement. Toutefois ce retard ne devrait pas modifier le calendrier global qui fixe un objectif de 30 à 40 ans pour l’ensemble du processus de nettoyage du site, précise Kyodo news.
Par ailleurs le Asahi Shimbun annonce que le Japon aurait besoin de 35 réacteurs d’ici à 2030 pour atteindre les objectifs fixés par le gouvernement. Cela permettrait de retrouver le niveau de production d’électricité par le nucléaire d’avant 2011. Ce nombre de réacteurs assurerait la production de 20 à 22% de l’électricité, selon le ministre de l’Industrie Yoichi Miyazawa. Les 43 réacteurs du pays sont actuellement à l’arrêt.
Le quotidien indique également que l’agence internationale à l’énergie atomique (AIEA) a présenté à Vienne le 10 juin un rapport sur la catastrophe de 2011. Ce texte sera rendu officiellement public en septembre prochain. Le rapport soulignerait que la confiance aveugle de TEPCO dans la sécurité nucléaire l’a empêchée de prendre les mesures de prévention nécessaires face aux tsunami et autres catastrophes naturelles. Le rapport indiquerait également que le gouvernement et l’autorité japonaise de contrôle ont échoué à demander à ce que TEPCO renforce les mesures de sécurité.

Birmanie : Aung San Suu Kyi à Pekin, qui courtise qui ?

The Irrawady – La chef de l’opposition birmane Aung San Suu Kyi a rencontré ce jeudi 11 juin le président chinois Xi Jinping à Pékin. En visite officielle de 5 jours, elle est invitée par le Parti communiste, note The Irrawaddy. Les relations entre la Chine et la Birmanie se sont tendues depuis la mise en place d’un gouvernement civil à Naypidaw en 2011. Les observateurs s’interrogent sur la signification de cette visite à quelques mois des élections prévues en novembre prochain. Pékin a intérêt à ne pas mettre tous ses œufs dans le même panier dans la perspective d’une victoire de la Ligne nationale pour la Démocratie aux élections générales de septembre, souligne le journaliste Bertil Litner. Mais la leader de la LND, Aung San Suu Kyi, aura du mal à soulever des sujets sensibles auprès de ses hôtes chinois. Elle sait aussi que la Chine restera quoi qu’il advienne un partenaire incontournable pour la Birmanie, et avec lequel il vaut mieux entretenir de bonnes relations.

Thaïlande : comment soigner le système éducatif ?

Bangkok Post – La Thaïlande est régulièrement montrée du doigt pour la piètre qualité de son système d’éducation. Dans sa colonne hebdomadaire dans le Bangkok Post, le politologue Thitinan Pongsudhirak expose l’ineptie des manipulations de calendrier scolaire par les présidents d’universités et la mentalité bureaucratique du milieu enseignant en Thaïlande.

Pakistan : l’ONG Save the Children sommée de partir

Dawn avec AFP – Au Pakistan, l’ONG Save the Children sommée de fermer ses bureaux et de quitter le territoire. Le gouvernement d’Islamabad l’accuse de « travailler contre les intérêts du pays ». Des officiels du gouvernement accompagnés de policiers sont venus au siège de l’ONG américaine après les heures ouvrables pour mettre un cadenas sur la porte, et accrocher une notice indiquant que le bâtiment était fermé au public. Aucun représentant de l’ONG n’a encore fait de commentaire.

Taiwan : 60 arrestations dans une affaire de contrat avec l’armée

Taipei Times – Soixante personnes ont été arrêtées et sont interrogées dans le cadre d’une enquête sur des fournitures de pièces détachées pour des véhicules militaires. Des officiers supérieurs de l’armée et des fonctionnaires en charge des achats au ministère de la Défense nationale se seraient mis d’accord avec un contractant non qualifié pour fournir des pièces détachées pour des véhicules blindés. La justice estime que dans ce contrat le recours à des ouvriers chinois et à des sous-traitants de Chine, constitue un danger pour la sécurité nationale et a entrainé la divulgation non autorisée de documents classés secrets militaires. Le contrat interdisait aux fabricants d’avoir recours à des employés étrangers pour la fabrication des pièces et que tout devait être produit à Taiwan. Les pièces ont été fournies en 2012. Suite à de nombreuses pannes détectées et à la découverte de nombreuses pièces défectueuses sur les véhicules blindés une enquête a été lancée il y a un an.

Timor Oriental : la prochaine vie après le pétrole

South East Asia Globe – Les revenus des hydrocarbures ont permis au Timor Oriental de se construire après l’indépendance, mais d’ici 20 ans, les ressources seront épuisées et la pression monte pour préparer l’après. L’existence depuis 2005 d’un fonds dans lequel les revenus du pétrole sont versés a permis au Timor Oriental de mettre 16 milliards de dollars de côté. Lorsque le fonds sera épuisé, dans une dizaine d’année, le gouvernement devra réduire son budget de 80%. Une situation inextricable. D’autant que le pays est complètement dépendant des importations. La démission du leader charismatique et héros de la lutte contre l’occupation indonésienne, Xanana Gusmao, en février dernier, de son poste de Premier ministre a permis l’introduction d’une relève politique.
Le nouveau chef du gouvernement, Rui Maria de Araújo, devra mettre en place des réformes économiques essentielles pour éviter que le Timor-Oriental ne devienne définitivement un Etat en faillite. Mais entre des projets d’envergure, type hôtels de luxe pour attirer les touristes et des micro projets d’agriculture familiale, le pays n’a pas encore trouvé son modèle de développement.

Corée du Sud – Japon : Désaccord sur l’inscription du site Meiji au patrimoine mondial

The Korea Herald – Le Japon et la Corée du Sud ne sont toujours pas d’accord sur l’inscription au patrimoine de l’Unesco de sites industriels de l’ère Meiji au terme d’un deuxième cycle de discussion. Tokyo souhaite voir 23 sites proposés à l’inscription lors de la réunion qui aura lieu en Allemagne fin juin. Mais le quotidien coréen estime que la candidature du Japon revient à effacer une partie de l’histoire. « En limitant la période à 1850-1910, Japon évite que l’on évoque le recours au travail forcé dans 7 de ces sites », écrit le journal qui rappelle que de 1910 à 1945 les Japonais ont occupé la Corée, période durant laquelle plus de 50, 000 Coréens étaient soumis aux travaux forcés. Si les deux pays n’arrivent pas à un accord avant la réunion de la commission sur le patrimoine mondial fin juin, il leur restera à faire preuve de leur puissance diplomatique envers les pays membres de la commission.

La rédaction d’Asialyst