Revue de Presse Asie - 9 juin 2015

Village coréen en quarantaine, hotline anti-terroriste à Singapour et inondations en Thaïlande

Capture écran du Thanh Nien News le 9 juin 2015.
Capture écran du Thanh Nien News le 9 juin 2015.

Coronavirus en Corée du Sud : l’épidémie s’étend, un village entier en quarantaine

Korea Times – Une 7ème personne, une femme de 68 ans, a succombé à l’épidémie de coronavirus MERS (Symptôme respiratoire du Moyen-Orient) ce lundi en Corée du Sud. Elle avait contracté la maladie au Samsung Medical Center à Ilwon-dong, un quartier sud de Séoul. Une équipe de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) est à pied d’œuvre dans le pays jusqu’à samedi pour travailler sur cette forme de coronavirus MERS, « très différente de celle qu’on trouve en Arabie saoudite », indique un officiel sud-coréen. Le South China Morning Post raconte de son côté la colère qui gagne les habitants de Jangduk, un village sud-coréen placé en quarantaine, à 280km au sud de Séoul. Toutes les routes sont bloquées par des hommes vêtus de blanc, depuis qu’un homme de 72 ans a contracté le virus. Les habitants sont traqués par les autorités via leur téléphone portable pour vérifier qu’ils respectent bien leur obligation d’isolement. « Nous ne sommes pas en pleine guerre et pourtant nous n’avons même pas reçu de préavis », regrette un résident. Son seul contact avec l’extérieur ? La visite d’un représentant des autorités de santé pour prendre sa température, deux fois par jour.

Singapour : une hotline pour lutter contre le groupe Etat islamique

The Straits Times – Dès le mois prochain, le Groupe de réhabilitation religieuse (RRG), formé en 2003 pour lutter la Jemaah Islamiah, mettra en place une hotline téléphonique à Singapour. Objectif : répondre 24h/24 aux questions d’ordre religieux et tenter de lutter contre les idées véhiculées par le groupe Etat islamique, constamment à la recherche de combattants étrangers. Le RRG, constitué de sages et de professeurs de religion islamique, a également prévu de se rendre régulièrement sur le terrain et de s’exprimer dans les mosquées avant la prière vendredi. Channel News Asia souligne qu’un manuel spécifique va également être publié avec des contre-discours que les éducateurs pourront utiliser. Les autorités locales s’inquiètent de la radicalisation de certains jeunes Singapouriens. Le mois dernier, deux adolescents ont été arrêtés ; l’un d’entre eux est suspecté d’avoir tenté de rejoindre le groupe Etat islamique et d’avoir planifié des attaques terroristes à Singapour.

Inde : Jagendra Singh a-t-il été victime d’un assassinat politique ?

CNN-IBN – En Inde, un journaliste de l’Etat de l’Uttar Pradesh, dans l’est du pays, aurait été brûlé vif par un policier pour avoir critiqué un député régional dans un message posté sur son compte Facebook. Jagendra Singh avait déjà, dans les colonnes de son journal, accusé cet élu du parti au pouvoir (Samajwadi Party, ou parti socialiste), de tremper dans des affaires de mines illégales et d’évictions forcées de terres. Une personne raconte à la chaîne de télévision CNN-IBN avoir été témoin de l’assassinat supposé, mais les policiers locaux réfutent ces accusations. Ils avancent que le journaliste faisait lui-même l’objet d’une plainte auprès du commissariat et qu’il se serait suicidé en se jetant de l’essence sur le corps.

Le « rapatriement » des Rohingyas commence : mais vers quel pays ?

Myanmar Times – Un premier groupe de 150 migrants, rescapés des bateaux de la mort au large des côtes birmanes, a été rapatrié au Bangladesh hier. Beaucoup d’observateurs s’interrogent pourtant sur leur véritable pays d’origine. Au moins l’une de ces personnes renvoyées au Bangladesh affirme venir de Birmanie – information recoupée par le Myanmar Times -, mais avoir été forcé de donner une identité bangladaise. Un autre groupe de 735 migrants a été placé dans des camps à la frontière entre les deux pays, le temps de procéder à leur « identification ». Le Myanmar Times souligne qu’une manifestation d’ultranationalistes de l’Etat d’Arakan est déjà prévue dimanche pour protester contre l’assistance que les autorités birmanes fournissent aux rescapés. « Nous avons sauvé beaucoup d’entre eux car nous faisons preuve de bonne volonté. Mais l’Etat de l’Arakan a déjà son lot de problèmes », juge un député qui plaide pour une date limite de rapatriement.

Les marins indonésiens dénoncent la concurrence déloyale des marins étrangers

The Jakarta Post – L’Association des Marins Indonésiens (KPI) demande au gouvernement et aux ONG de s’attaquer au « problème des marins étrangers » présents dans l’est du pays. Elle soutient qu’ils sont environ 6000 et viennent principalement de Thaïlande, de Birmanie, du Laos, du Cambodge, du Vietnam et de Chine. Le président de l’association, Hanafi Rustandi, assure qu’en plus de « voler les emplois des Indonésiens », ces travailleurs étrangers ont « développé la criminalité sur les bateaux et dans les ports, mais aussi propagé le virus du Sida dans la région »… Un autre papier du Jakarta Post indique que la Cour suprême d’Indonésie envisage de créer un département spécial chargé de juger les crimes maritimes. La plupart sont recensés dans l’archipel des Moluques. Selon Yunus Husein, un responsable du ministère de la Mer et de la Pêche, le trafic d’êtres humains et les faux permis de travail représentent 95% des infractions.

Japon : Shinzo Abe rappelé à l’ordre

The Japan Times – Pour la troisième fois, le Premier ministre japonais Shinzo Abe se fait rappeler à l’ordre sur le dossier des femmes de réconfort. Pas moins de 200 experts de l’Histoire japonaise et coréenne, mais aussi des avocats, journalistes et défenseurs des droits de l’Homme, ont signé une déclaration, rapporte The Japan Times, alors que le Premier ministre se prépare à prononcer, en août, un discours pour commémorer le 70ème anniversaire de la fin de la Seconde Guerre mondiale. Ils lui demandent de renouveler ses excuses pour le passé impérialiste du Japon et de proposer des indemnités aux anciennes femmes de réconfort. Lors des 50ème et 60ème anniversaires, les premiers ministres japonais avaient accepté de présenter de telles excuses ; mais Shinzo Abe a souligné qu’il n’en avait aucunement l’intention.

Le Vietnam remet en cause le contrôle des naissances

Thanh Nien News – Pendant plusieurs dizaines d’années, le Vietnam a interdit aux couples d’avoir plus de deux enfants. Cette mesure avait été assouplie en 2003 avant d’être remise en place en 2009. Sauf qu’aujourd’hui, le taux de fécondité inquiète les autorités dans certaines régions : il s’élève à 1,68 à Hô-Chi-Minh-Ville et 1,7 dans la province de Cà Mau, ce qui est inférieur au taux de reproduction. Le Centre général de planning familial, qui dépend du ministère de la Santé, propose donc à l’Assemblée nationale de lever ces restrictions pour de bon ; selon ce projet de loi, les parents pourraient décider du nombre d’enfants désirés ainsi que de l’intervalle entre chaque naissance.

La mort de Chea Sim au Cambodge, à 82 ans

Cambodia Daily – Ce sujet fait la une de tous les journaux cambodgiens. Chea Sim, président du Sénat, président du Parti du Peuple Cambodgien (PPC), était l’ancien rival du Premier ministre Hun Sen au sein de ce parti. Chea Sim incarne le Cambodge de l’après-Khmers rouges – même si lui-même, comme Hun Sen et Heng Samrin, les deux autres piliers du PPC, étaient issus des rangs khmers rouges. Le Phnom Penh Post publie aussi un portrait en anglais de Chea Sim, qui s’était retiré du devant de la scène depuis un AVC en 2000. Avec son décès, c’est une page de l’histoire du Cambodge qui se tourne. Le gouvernement a annoncé une journée de deuil national le 19 juin et prépare une crémation en grandes pompes au coeur de la capitale Phnom Penh.

Bangkok à nouveau inondée, le gouverneur critiqué

Bangkok Post – Les journaux thaïlandais affichent en une de leurs sites internet des photos du cauchemar vécu par les piétons et automobilistes lundi matin, dans les grandes artères de Bangkok totalement inondées. Des pluies de mousson très fortes se sont abattues sur la ville et les tonnes de détritus qui s’accumulent dans les rues ont rendu les systèmes de pompage totalement inefficaces. Certaines écoles ont fermé leurs portes. Ironie du sort, note The Nation : le gouverneur de la ville, Sukhumbhand Paribatra, était à ce moment-là aux Pays-Bas pour inspecter des systèmes de drainage… Depuis, la colère monte sur les réseaux sociaux et l’association Stop Global Warming demande sa démission. Les inondations ont toujours été un problème pour la capitale thaïlandaise et lors de sa campagne pour un second mandat, Sukhumband Paribatra avait promis de s’y attaquer…
La rédaction d’Asialyst