Crise sanitaire

Le coronavirus sème la peur en Corée du Sud

Les jeunes étudiants coréens portent des masques pour éviter la contagion.
Le coronavirus MERS, symptôme respiratoire, a causé 4 décès en Corée du Sud. Environ 2000 personnes ont été placées en observation.

Les messages textos sont arrivés directement sur le téléphone des parents d’élèves : « Gardez vos enfants à la maison, l’école restera fermée jusqu’au vendredi en prévention du virus MERS ! » L’alerte est partie de la province de Gyeonggi, rapporte le Hankyoreh, non loin de l’hôpital où le premier décès est survenu. Elle concernait au départ 35 établissements scolaires à proximité de la clinique. Ce vendredi, plus de 1000 écoles et lycées sont restés portes closes, 2000 personnes ont été placées en observation et le numéro d’information gratuit mis en place par le ministère de la Santé croule sous les appels.

Inquiétude généralisée

Séoul a annoncé ce vendredi un quatrième cas mortel de coronavirus MERS et cinq nouveaux cas de contamination, ce qui porte à 41 le nombre de cas confirmés, selon le ministère sud-coréen de la Santé. C’est à ce jour l’épidémie la plus étendue en dehors de l’Arabie Saoudite, d’où est partie l’épidémie dite aussi du « dromadaire ». Un homme de 82 ans a été diagnostiqué après sa mort à l’hôpital dans la nuit de mercredi à jeudi, précise l’AFP. Il était hospitalisé pour une pneumonie mais a été mis à l’isolement après que la contamination d’autres membres de son service eut été détectée. La quatrième victime, âgée de 76 ans, est morte jeudi après avoir été testée positive le 21 mai.
Métros, bus, avions… Les mêmes images d’agents de nettoyage portant des masques, ont envahi les journaux. Comme souvent en pareil cas, les initiatives individuelles se multiplient pour pallier le manque d’efficacité supposée des pouvoirs publics. « Les Coréens ont recours à l’auto-assistance », titre le Chosun Ilbo. « Les ventes de désinfectants pour les mains, les masques médicaux et autres produits pour se protéger des maladies infectieuses explosent, ajoute le quotidien conservateur dans sa version anglophone. Une boutique en ligne a [ainsi] vendu la totalité de son inventaire de vêtements de protection, du type combinaisons spatiales, portés par les médecins et les responsables des mises en quarantaine ». Les achats de masques chirurgicaux sont limités à huit par personne, mais déjà de nombreuses pharmacies sont en rupture de stock et les acheteurs se tournent vers des sites aux Etats-Unis.

Ecoles fermées, mariages annulés

Le phénomène se développe alors que le scepticisme grandit autour de l’action des pouvoirs publics. La population doute de l’efficacité des responsables de la santé à endiguer la propagation de la maladie. Déjà marqué par la tragédie du Sewol il y a un an et le manque supposé de transparence autour de ce naufrage d’un ferry transportant des scolaires, l’opinion se tourne vers les réseaux sociaux. Un site Internet a ainsi publié une liste des hôpitaux qui ont reçu des patients contaminés par le virus, alors que les autorités ont jusqu’à présent refusé de révéler le nom des hôpitaux concernés. L’histoire d’un médecin susceptible d’avoir été contaminé et qui aurait été en contact avec près d’un millier de personnes, notamment dans le quartier riche de Gangnam à Séoul, a créé la panique, souligne le Korea Times.
La peur d’une épidémie, ce sont encore ces cours privés du soir dans les grandes villes, aujourd’hui désertés par les élèves. Plus mortifère mais moins contagieux que le SRAS, le Syndrome respiratoire aigu sévère qui avait fait près de 800 morts dans le monde en 2003, le MERS infecte les poumons des personnes affectées, provoquant également fièvres et difficultés à respirer. Un sentiment de peur qui paralyse la société. La famille de la troisième victime morte à 76 ans a eu dû mal a trouver un service de pompes funèbres qui accepte d’intervenir, sachant que la fille et la fils sont susceptibles d’être eux aussi contaminés, écrit l’Asiakyungje. Les rassemblements sont déconseillés, une famille se demande si elle ne va pas annuler la fête d’anniversaire des un an du petit dernier en raison du virus, affirme le Moonwhailbo. Des jeunes mariés songent également à annuler leurs noces, car la plupart de leurs amis sont en train de se désister poursuit le quotidien.

La rédaction d’Asialyst