Revue de presse Asie - 2 juin 2015

Bateau coulé en Chine, arrestations thaïlandaises, diplomatie vietnamienne

Capture d’écran du South China Morning Post, le 2 juin 2015.
Capture d’écran du South China Morning Post, le 2 juin 2015.

Chine : Une « tornade » peut-être à l’origine du bateau coulé avec plus de 458 passagers

South China Morning Post – Le travail des sauveteurs plongeurs était toujours aussi compliqué après qu’un bateau se fut retourné en quelques minutes ce lundi soir, avec plus de 450 passagers à son bord sur le fleuve Yangzi. Pour l’instant, à peine plus d’une douzaine de survivants ont été sauvés. Le « Eastern Star » naviguait en provenance de Nanjing sur la côte Est vers la mégalopole du Sud-Ouest, Chongqing. Le bateau a coulé dans la province centrale du Hubei au niveau de Jianli. Le Premier ministre Li Keqiang s’est rendu sur place. Près de 150 navires, dont une centaine de chalutiers de pêche, et plus de 3000 personnes sont impliquées dans les opérations de sauvetage. La cause de l’accident n’est pas encore identifiée clairement, mais le capitaine du navire, rapporte le South China Morning Post, a confié que le bateau avait été touché par une « tornade » durant un orage très violent. Les premiers éléments d’enquête montrent que le Eastern Star n’était pas surchargé et qu’il avait suffisamment de gilets de sauvetage pour le nombre de passagers transportés. Sur les 458 personnes à bord, 406 touristes, âgées entre 50 et 80 ans, participaient à une croisière organisée par une agence de voyage de Shanghai.

Thaïlande : arrestations de policiers et officiels liés au trafic d’êtres humains

Khaosod English – En Thaïlande, des dizaines d’officiers de police et d’officiels locaux ont été arrêtés ces dernières semaines, accusés d’être impliqués dans le trafic d’êtres humains. Ce trafic achemine, via le sud du pays, des Rohingyas de Birmanie et des Bangladeshi en Malaisie. Mais aucun officier militaire n’avait été, jusqu’à présent, inquiété. Un état de fait qui faisait froncer les sourcils de beaucoup : comment, s’interrogeait-on, les camions transportant des dizaines de migrants pouvaient-ils circuler sans problèmes dans cette zone où la présence militaire est dense ? Le vent est peut-être en train de tourner après l’inculpation d’un premier officier militaire, soupçonné d’être un chef de réseau, comme l’explique le site en anglais Khaosod.

Obama sermonne la Birmanie sur les Rohingya

Bangkok Post avec AFP – On ne pouvait pas manquer ce lundi la déclaration de Barack Obama sur le sort des Rohingyas de Birmanie : le président américain a appelé les autorités birmanes à « cesser la discrimination » contre cette minorité musulmane, apatride et sans le moindre certification d’identité ni carte de votant depuis le 31 mars dernier. Pour Obama, l’arrêt de cette politique discriminatoire est nécessaire « si la Birmanie veut réussir sa transition démocratique ». Après avoir été tenu d’une main de fer par la junte militaire depuis les années 1960, le pays a vu des réformes s’engager depuis 2011. La crise migratoire des Rohingyas a mis la Birmanie sous la pression de ses voisins, qui doivent gérer l’afflux massif de réfugiés par bateau. Lors d’un sommet régional organisé par la Thaïlande ce vendredi, le gouvernement birman a refusé d’être « pointé du doigté » et demandé à ce qu’on vérifie d’abord l’origine des boat-people, qui selon lui, sont prompts à se déclarer Rohingya pour bénéficier de l’aide internationale. « Ils fuient parce qu’ils sont discriminés dans leur pays », a accusé Obama.

Vietnam : la coopération militaire avec les États-Unis « nécessaire »

Tuoi-Tre (« La jeunesse », premier quotidien vietnamien, appartenant à la Ligue de la jeunesse communiste d’Ho-Chi-Minh-Ville, très lu, influent et progressiste) – Au lendemain du Shangri-La Dialogue à Singapour, le forum de sécurité en Asie-Pacifique, où la Chine s’est mise à dos la quasi totalité des pays présents à cause de ses revendications en mer de Chine orientale et méridionale (mer de l’Est pour le Vietnam, NDLA), le quotidien Tuoi-Tre a interviewé le général Nguyen Chi Vinh, vice-ministre de la Défense et chef de la délégation vietnamienne au Shangri-La Dialogue. « Dans le contexte des nouvelles tensions en mer de l’Est, déclare le général, les Etats-Unis ont besoin de partenaires de confiance, ils ne peuvent pas ne pas en avoir. Le Vietnam en fait partie. (…) Nous aurons besoin aussi de connaitre les intentions réelles des Etats-Unis dans la région ». Le secrétaire américain à la défense Ashton Carter a proposé de lever encore davantage les restrictions sur les ventes d’armes létales au Vietnam, révèle le général qui précise que c’est une première. Pour lui, aucun problème si les Etats-Unis continue d’envoyer des chasseurs survoler et surveiller les activités de la Chine dans les îles « qu’elle occupe illégalement« , selon le militaire vietnamien, tant que les Américains respectent le droit international. A Singapour, le général Vinh a aussi rappelé à son homologue chinois, l’amiral Sun, qu’ « en tant que militaire, [il ferait son] devoir pour protéger la souveraineté de [son] pays », tout en précisant qu’il ne voulait pas de « crise armée » avec la Chine.

Taïwan veut contre-attaquer après l’accord sino-coréen de libre-échange

China Post – Plusieurs titres en langues anglaise et chinoise mentionnent aujourd’hui ce qui a fait beaucoup couler d’encre à Taiwan depuis 2014 : l’accord de libre-échange entre la Chine et la Corée du Sud, signé ce lundi. Même si les études d’impacts produites par l’État se veulent rassurantes et notent que l’influence de cet accord sur la compétitivité des produits taïwanais sur le grand marché chinois sera limitée, ce n’est pas une bonne nouvelle pour l’économie de Taïwan. Ses entreprises sont en effet au coude à coude avec les Coréennes sur les marchés de l’électronique et des technologies de l’information et de la communication. Mais surtout, la réponse taïwanaise à l’initiative coréenne, soit l’Accord-cadre sur le commerce des marchandises négocié avec Pékin depuis maintenant deux ans, est dans l’impasse. Elle a été mise en échec par le « mouvement des tournesols » en avril 2014, et demeure aujourd’hui en sommeil au Parlement. Selon le China Post, le gouvernement de Taipei souhaiterait donc relancer les pourparlers. Pas seulement avec la Chine mais aussi avec d’autres pays, dont les États-Unis et leur Partenariat Trans-Pacifique.

Singapour donne un coup de pouce aux bas salaires

Human Resources Online – Soucieux de sa compétitivité économique, le gouvernement veut lier hausse des salaires et productivité. Un « coup de pouce » sera donc donné aux salaires les plus bas, avec une hausse de 60 dollars singapouriens pour faire passer le salaire de base mensuel à 1100 dollars. Cela faisait partie des recommandations du National Wage Council, lequel prescrit aussi que les augmentations de salaire doivent être liées à la hausse de la productivité sur le long terme. Le gouvernement a repris cette prescription, ajoutant que les employeurs devront partager les gains de productivité « équitablement » avec les salariés et « d’une manière durable« . Il reste aux employeurs, syndicats et employés à « travailler ensemble pour atteindre cet objectif« .

La rédaction d’Asialyst