Politique
L'argent des grimpeurs plus fort que les avalanches

 

Le Népal refuse de fermer officiellement le toit du monde

Le toit du monde restera ouvert aux grimpeurs, en dépit des risques d’avalanches. Ainsi en ont décidé les autorités de Katmandou ce lundi. « Le gouvernement ne va pas annoncer officiellement la fermeture parce que nous avons donné l’autorisation aux grimpeurs », a expliqué à l’agence Reuters Tulsi Prasad Gautam. « La route est encore endommagée poursuit ce responsable du ministère népalais du tourisme, et les grimpeurs au camp de base ne pensent pas que la route sera fixée de sitôt. C’est aux grimpeurs et aux organisateurs qui sont au camp de base de prendre leur décision. Nous ne leur dicterons pas leur conduite. »

Ces propos interviennent un peu plus d’une semaine après le pire séisme vécu par le royaume en un siècle. Selon les derniers bilans, le tremblement de terre et les glissements de terrains qu’il a provoqué ont tué plus de 7 200 personnes, dont au moins 19 grimpeurs et 14 sherpas sur l’Everest. Citée par le Buisness Today, une équipe de Sherpas envoyée par le Comité Népalais de Contrôle de la Pollution de la zone de Sagarmatha (SPCC) estime pourtant de son côté que « les nombreuses avalanches déclenchées par le séisme dévastateur du 25 avril et ses répliques ont causé des dommages massifs sur les routes de l’Everest, qui ne pourront pas être réparés avant la fin de la saison. »

« Le Népal, qui fait des milliers de dollars avec les grimpeurs, hésite sur l’opportunité ou non de fermer officiellement la montagne », souligne The Times Of India. Chaque alpiniste débourse environ 9 900 euros pour gravir l’Everest précise encore l’agence Reuters. Un salaire des grimpeurs non négligeable pour les habitants de la région. Pas moins de 357 candidats à l’ascension ont déjà été enregistrés pour la saison. On le voit, nous sommes là bien loin des recommandations d’Edmund Percival Hillary : « J’ai suggéré au gouvernement du Népal d’arrêter de délivrer des permis et de laisser la montagne en paix pendant quelques années », confiait l’ancien vainqueur de l’Everest en 2003. The Washington Post rappelle que devant les embouteillages saisonniers au camps de base, le grimpeur néo-zellandais avait fini par considérer l’Everest comme le « Mcdonald’s des sommets ».