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{"id":29793,"date":"2017-05-05T09:30:29","date_gmt":"2017-05-05T07:30:29","guid":{"rendered":"https:\/\/asialyst.com\/fr\/2017\/05\/04\/brouillon-temps-forts-copy-3-copy-5\/"},"modified":"2017-05-08T10:52:47","modified_gmt":"2017-05-08T08:52:47","slug":"sylvie-gentil-elle-attirait-les-inflammables","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/asialyst.com\/fr\/2017\/05\/05\/sylvie-gentil-elle-attirait-les-inflammables\/","title":{"rendered":"Elle attirait les inflammables"},"content":{"rendered":"<div class=\"container\">\n\t<meta itemprop=\"keywords\" content=\"Culture\" \/>\n\t<a href=\"https:\/\/asialyst.com\/fr\/culture\/\" class=\"category category-12\">Culture<\/a><br \/>\n\t<time datetime=\"2017-05-05T09:30:29Z\" itemprop=\"datePublished\">\n\t\tPubli\u00e9 05 Mai 2017<br \/>\n\t\tMis \u00e0 jour 08 Mai 2017\t<\/time>\n\t<meta itemprop=\"dateModified\" content=\"2017-05-08T10:52:47Z\" \/>\n<\/div>\n<div class=\"container\">\n<div class=\"surtitre\" itemprop=\"headline\">Hommage \u00e0 Sylvie Gentil<\/div><\/div>\n<div class=\"container\">\n\t<h1 itemprop=\"name\">Elle attirait les inflammables<\/h1>\n<\/div>\n<div class=\"container\">\n  <div class=\"authors\">\n    <ul>\n    \t        <li class=\"author\" itemprop=\"author\" itemscope itemtype=\"http:\/\/schema.org\/Person\">\n          <a href=\"https:\/\/asialyst.com\/fr\/auteur\/nicolas-idier\/\" class=\"category-color\" itemprop=\"url\">\n            <span itemprop=\"name\" class=\"name\">\n              Nicolas Idier            <\/span>\n            <img data-del=\"avatar\" alt=\"Nicolas Idier\" src='https:\/\/asialyst.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2016\/08\/PORTRAIT-NICOLAS-IDIER-150x150.jpeg' class='avatar pp-user-avatar avatar-150 photo ' height='150' width='150'\/>          <\/a>\n        <\/li>\n    \t    <\/ul>\n  <\/div>\n<\/div>\n<div class=\"container\">\n  <div class=\"photo-une\" itemprop=\"image\" itemscope itemtype=\"http:\/\/schema.org\/ImageObject\">\n    <figure>\n      <a href=\"https:\/\/asialyst.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2017\/05\/Image-Sylvie-gentil-a-Royan-2-OK-e1493971056144.jpg\" class=\"article-image\" title=\"Sylvie Gentil \u00e0 Royan. (Cr\u00e9dits : Mathilde Claus)\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1042\" height=\"782\" src=\"https:\/\/asialyst.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2017\/05\/Image-Sylvie-gentil-a-Royan-2-OK-e1493971056144.jpg\" class=\"img-responsive\" alt=\"Sylvie Gentil \u00e0 Royan.\" \/><\/a>\n      <meta itemprop=\"height\" content=\"1042\"\/>\n      <meta itemprop=\"width\" content=\"782\"\/>\n      <meta itemprop=\"contentUrl\" content=\"https:\/\/asialyst.com\/fr\/2017\/05\/05\/sylvie-gentil-elle-attirait-les-inflammables\/\"\/>\n      <figcaption class=\"legend\" itemprop=\"description\">\n      \t<div class=\"container\">\n        \tSylvie Gentil \u00e0 Royan. (Cr\u00e9dits : Mathilde Claus)        <\/div>\n      <\/figcaption>\n    <\/figure>\n  <\/div>\n<\/div>\n\n<div class=\"container\">\n\t<div class=\"chapo\" itemprop=\"description\">\n\t\tLa litt\u00e9rature chinoise est en deuil. Mo Yan, Xu Xing, Yan Lianke et tant d&rsquo;autres, ont perdu l&rsquo;une de leur plus grandes traductrices. Sylvie Gentil s&rsquo;est \u00e9teinte le 28 avril dernier des suites d&rsquo;un cancer foudroyant. Asialyst tenait \u00e0 lui rendre hommage. Portrait sensible sign\u00e9 de son ami, l&rsquo;\u00e9crivain Nicolas Idier.\t<\/div>\n<\/div>\n<div class=\"container\">\n\t<div class=\"text\" itemprop=\"articleBody\">\n\t\tLes traducteurs litt\u00e9raires sont des \u00e9crivains en plus grand. Louis-Ferdinand C\u00e9line, sans le vouloir, l\u2019a tr\u00e8s bien dit : des histoires, on en trouve plein les journaux. Ce qui compte, c\u2019est le style. Et un traducteur, voil\u00e0 quelqu\u2019un qui travaille le style. Le style, pour percer le langage. Pour le transporter ailleurs, plus loin.\t<\/div>\n<\/div>\n\n<div class=\"container\">\n\t<div class=\"text\" itemprop=\"articleBody\">\n\t\tLe jour de la mort de Sylvie Gentil, la litt\u00e9rature chinoise contemporaine a perdu une de ses grandes voix fran\u00e7aises. Je me demande si ce n\u2019est pas elle, Sylvie Gentil, qui a contribu\u00e9 \u00e0 l\u2019am\u00e9lioration des auteurs chinois. L\u2019humilit\u00e9 et la discr\u00e9tion ont \u00e9t\u00e9 ses premi\u00e8res qualit\u00e9s, des qualit\u00e9s humaines qui donnaient un relief encore plus grand \u00e0 la force de sa lecture, \u00e0 ce g\u00e9nie qu\u2019elle avait de transcrire le ton et de varier, comme un pianiste qui transcende la partition, les registres. Voil\u00e0 qui se savait aussi bien en Chine qu\u2019en France o\u00f9 les plus grands \u00e9diteurs se la disputaient, de Philippe Picquier \u00e0 Gallimard en passant par le Seuil, et ce n\u2019est pas \u00e9tonnant si le travail de Sylvie se confond avec celui des meilleurs stylistes de la litt\u00e9rature chinoise contemporaine.\t<\/div>\n<\/div>\n\n<div class=\"container\">\n\t<div class=\"text\" itemprop=\"articleBody\">\n\t\t<em>\u00ab\u00a0Col\u00e8re et passion sont l\u2019\u00e2me de mon travail\u00a0\u00bb,<\/em> \u00e9crivait Yan Lianke dans un des derniers livres traduits par Sylvie (<em>A la d\u00e9couverte du roman<\/em>, \u00e9ditions Philippe Picquier, 2017). La passion, assur\u00e9ment, fut le guide le plus fid\u00e8le dans sa vie de traductrice, et il est rare de rencontrer une personnalit\u00e9 aussi enti\u00e8re et honn\u00eate avec sa passion litt\u00e9raire. Sylvie Gentil avait la gr\u00e2ce. Pour reprendre les mots de Diderot et rendre hommage \u00e0 ces Lumi\u00e8res que la Chine contemporaine continue de chercher : <em>\u00ab\u00a0Il n\u2019y a que les passions et les grandes passions qui puissent \u00e9lever l\u2019\u00e2me aux grandes choses. Sans elles, plus de sublime, soit dans les m\u0153urs, soit dans les ouvrages ; les beaux-arts retournent en enfance, et la vertu devient minutieuse.\u00a0\u00bb<\/em>\t<\/div>\n<\/div>\n\n<div class=\"container\">\n\t<div class=\"text\" itemprop=\"articleBody\">\n\t\tBien avant que j\u2019arrive \u00e0 l\u2019Institut fran\u00e7ais de Chine o\u00f9 j\u2019ai exerc\u00e9 de 2010 \u00e0 2014 les fonctions d\u2019attach\u00e9 culturel charg\u00e9 du livre et du d\u00e9bat d\u2019id\u00e9es, le nom de Sylvie Gentil m\u2019\u00e9tait familier et nous nous \u00e9tions crois\u00e9s \u00e0 plusieurs reprises \u00e0 Shanghai. Elle fut une des plus belles rencontres de mes ann\u00e9es p\u00e9kinoises, et mon c\u0153ur se serre \u00e0 l\u2019id\u00e9e de voir ce pass\u00e9 compos\u00e9 devenir invariable. Sylvie Gentil partageait avec ses auteurs de pr\u00e9dilection un trait de caract\u00e8re : elle avait en elle quelque chose de rebelle et de gai \u00e0 la fois. Une joie dans la retenue. Ou une retenue dans la joie. C\u2019\u00e9tait l\u2019\u00e9l\u00e9gance de Sylvie, une tr\u00e8s grande \u00e9l\u00e9gance, un peu celle qu\u2019avait Fran\u00e7oise Sagan : trop intelligente pour ne pas \u00eatre timide.\t<\/div>\n<\/div>\n\n<div class=\"container\">\n\t<div class=\"text\" itemprop=\"articleBody\">\n\t\tEn 2010, le prix Fu Lei de l\u2019\u00e9dition et de la traduction f\u00eatait sa deuxi\u00e8me \u00e9dition. Pr\u00e9sid\u00e9 par Dong Qiang, professeur de l\u2019universit\u00e9 de P\u00e9kin et traducteur de Kundera en chinois, avant qu\u2019elle ne le pr\u00e9side elle-m\u00eame en 2016, avec \u00e0 son bord les meilleurs sp\u00e9cialistes de la Chine et de la litt\u00e9rature fran\u00e7aise, \u00e0 moiti\u00e9 chinois et \u00e0 moiti\u00e9 fran\u00e7ais, ce prix s\u2019est peu \u00e0 peu impos\u00e9 comme une r\u00e9f\u00e9rence. Il r\u00e9compense chaque ann\u00e9e le meilleur titre traduit du fran\u00e7ais vers le chinois, en fiction et en non fiction. La pr\u00e9sence de Sylvie a compt\u00e9 pour beaucoup dans la r\u00e9ussite de cette initiative. Je me souviens des r\u00e9unions et des d\u00e9lib\u00e9rations. Sylvie parlait peu mais elle \u00e9tait tr\u00e8s \u00e9cout\u00e9e. Son art \u00e9tait respect\u00e9, et ses mots tombaient juste. Son jugement \u00e9tait assur\u00e9 mais toujours exprim\u00e9 avec humilit\u00e9 \u2013 car Sylvie Gentil \u00e9tait elle-m\u00eame une auteure \u2013 une \u00ab\u00a0auteure de traduction\u00a0\u00bb, ainsi que le rapport Assouline d\u00e9finit le statut du traducteur \u2013, et elle connaissait de l\u2019int\u00e9rieur le processus de l\u2019\u00e9criture, la maturation de la phrase, son d\u00e9ploiement, sa brisure, son \u00e9chec ou son triomphe. Elle savait d\u00e8s lors comment juger : pointer, avec pr\u00e9cision, la fausse note.\t<\/div>\n<\/div>\n\n<div class=\"large large\" style=\"background-color:#FF0069;\">\n\t<div class=\"container\">\n\t\t<div class=\"sub-article\">\n\t\t\t<h2>A une passeuse<\/h2>\n\t\t\t<p>Si le pr\u00e9nom en Chine est cens\u00e9 r\u00e9v\u00e9l\u00e9 un trait de caract\u00e8re ou une qualit\u00e9, chez Sylvie c&rsquo;est le nom qui s&rsquo;impose comme une \u00e9vidence. Tous les correspondants de presse \u00e0 P\u00e9kin qui ont eu la chance de la conna\u00eetre vous diront la m\u00eame chose. Avoir le bonheur de converser rien qu&rsquo;une heure avec elle, c&rsquo;\u00e9tait en apprendre plus sur les Chinois et la Chine que tous les livres r\u00e9unis.<\/p>\n<p>Talent, gentillesse et g\u00e9n\u00e9rosit\u00e9, Sylvie Gentil avait ce don rare du partage. Sa carri\u00e8re &#8211; elle n&rsquo;aurait pas aim\u00e9 ce mot -, disons plut\u00f4t sa vie de traductrice en t\u00e9moigne. Voil\u00e0, l&rsquo;une des voix qui a le mieux su transmettre la litt\u00e9rature chinoise aux lecteurs francophones, et introduire en France des <a href=\"http:\/\/www.livreshebdo.fr\/article\/la-traductrice-sylvie-gentil-est-decedee\" target=\"_blank\">\u0153uvres de plusieurs figures de la nouvelle g\u00e9n\u00e9ration d&rsquo;\u00e9crivains<\/a>. Combien de jeunes Francais &#8211; et de moins jeunes &#8211; ont d\u00e9couvert le \u00ab\u00a0rock-sans-roll\u00a0\u00bb de la jeunesse chinoise avec les bonbons doux et amers de Mian Mian, <em>best-seller<\/em> d\u00e8s sa sortie en 2001. Combien encore d\u00e9couvriront avec elle le truculent Mo Yan, couronn\u00e9 en 2012 du prix Nobel de litt\u00e9rature.<\/p>\n<p><iframe loading=\"lazy\" width=\"100%\" height=\"125\" scrolling=\"no\" frameborder=\"no\" src=\"https:\/\/w.soundcloud.com\/player\/?url=https%3A\/\/api.soundcloud.com\/tracks\/63032172&#038;auto_play=false&#038;hide_related=false&#038;show_comments=true&#038;show_user=true&#038;show_reposts=false&#038;visual=true\"><\/iframe><\/p>\n<p>Xu Xing, Feng Tang, Cui Zi&rsquo;en, Yan Lianke, Yang Jisheng&#8230; <em>\u00ab\u00a0Traduire un auteur, c&rsquo;est passer un an et demi voire plus au c\u0153ur de son \u0153uvre\u00a0\u00bb,<\/em> explique Martin, son mari, qui se souvient d&rsquo;un ouvrage de Mo Yan dans lequel <em>\u00ab\u00a0les communistes \u00e9levaient des enfants pour les d\u00e9vorer ensuite\u00a0\u00bb.<\/em> Sylvie a pr\u00e9f\u00e9r\u00e9 passer la main, raconte-t-il, car elle venait d&rsquo;avoir sa fille Mathilde. Restituer le rythme et le souffle d&rsquo;un \u00e9crivain, se mettre dans sa plume pour mieux le servir, c&rsquo;est cela le m\u00e9tier de traducteur.<\/p>\n<p>Et quand la litt\u00e9rature se m\u00eale au destin, forcement la vie s&#8217;emballe. Une valse qui devient vite tourbillon dans ce pays continent : \u00ab\u00a0<em>A P\u00e9kin [dans les ann\u00e9es 1980], <\/em><em>la vie \u00e9tait devenue exaltante, la ville d\u00e9bordait d\u2019enthousiasme\u00a0\u00bb,<\/em> se souvient Brigitte Duzan dans <em><a href=\"http:\/\/www.lemonde.fr\/disparitions\/article\/2017\/05\/03\/la-mort-de-sylvie-gentil-traductrice_5121632_3382.html?h=11\" target=\"_blank\">le Monde<\/a><\/em>. Dans le P\u00e9kin de l&rsquo;apr\u00e8s-Jeux Olympiques, les choses se compliquent. A l&rsquo;image de nombreux Chinois, l&rsquo;\u00e9crivain Yan Lianke est confront\u00e9 aux d\u00e9molisseurs. Sylvie pr\u00e9vient les journalistes : la maison de son ami \u00e9crivain, dans un bois de la p\u00e9riph\u00e9rie de la capitale chinoises, est menac\u00e9e par les pelleteuses. <em>\u00ab\u00a0Je n&rsquo;ai jamais vu quelqu&rsquo;un lire aussi vite, elle s&rsquo;int\u00e9ressait \u00e0 tous les arts\u00a0\u00bb,<\/em> confie aujourd&rsquo;hui le metteur en sc\u00e8ne Wei Xiaoping, copain depuis les ann\u00e9es 80, qui a partag\u00e9 avec elle sa passion pour Mo Yan, entre autres.<\/p>\n<p>Une boulimie de lecture jusqu&rsquo;au dernier souffle, qui vaut pour les auteurs fran\u00e7ais : <em>\u00ab\u00a0Elle lisait un livre par jour dans son lit d&rsquo;h\u00f4pital\u00a0\u00bb,<\/em> raconte Martin qui se souvient que pour traduire le dialecte d&rsquo;une province chinoise dans l&rsquo;un des ouvrages de Yan Lianke, elle s&rsquo;\u00e9tait inspir\u00e9e du patois poitevin. C&rsquo;est d&rsquo;ailleurs non loin de l\u00e0, dans la baie de Royan, que seront dispers\u00e9es ses cendres. Avant cela, celles et ceux qui l&rsquo;ont connu se retrouveront ce vendredi 5 mai apr\u00e8s-midi, dans un caf\u00e9 pr\u00e8s du cimeti\u00e8re du P\u00e8re Lachaise \u00e0 Paris.<\/p>\n<p>Savoir transmettre : <em>\u00ab\u00a0Elle \u00e9tait tr\u00e8s impliqu\u00e9e dans le travail des traducteurs en g\u00e9n\u00e9ral, la transmission et le soutien aux jeunes traducteurs\u00a0\u00bb,<\/em> souligne l&rsquo;\u00e9quipe de <a href=\"http:\/\/www.faguowenhua.com\/fr-article-802-disparition-de-sylvie-gentil-traduire-et-tisser-des-liens\" target=\"_blank\">Faguownhua<\/a>. De mani\u00e8re \u00e0 poursuivre ce travail, Martin songe \u00e0 un fond d&rsquo;aide aux traducteurs. Savoir \u00e9couter : avec ses amis de toujours, comme avec ceux d&rsquo;un jour, Sylvie apportait explications, conseils et parfois r\u00e9confort. Asialyst se souvient ainsi de son pr\u00e9cieux soutien, lorsque le site a d\u00e9marr\u00e9. Foutue maladie ! La litt\u00e9rature chinoise a perdu une grande passeuse, nous avons perdu une amie.<\/p>\n<p><strong>La r\u00e9daction d&rsquo;Asialyst<\/strong><\/p>\n\t\t<\/div>\n\t<\/div>\n<\/div>\n<div class=\"container\">\n\t<div class=\"text\" itemprop=\"articleBody\">\n\t\tSylvie, peut-\u00eatre parce qu\u2019elle passait de longues journ\u00e9es seule \u00e0 seule face au texte, concentr\u00e9e, d\u00e9termin\u00e9e, extr\u00eamement courageuse, appr\u00e9ciait la compagnie des amis. Elle partageait cet art de l\u2019amiti\u00e9 avec les lettr\u00e9s de la Chine classique : quelques coupelles de vin au clair de lune, en discutant de litt\u00e9rature, participaient au bonheur. J\u2019aimais aussi la retrouver chez elle, dans l\u2019appartement de famille, \u00e0 Sanlitun. Je me rappelle cette fois, avec mon fils Henri qui du haut de ses quatre ans, s\u2019amusait \u00e0 rouler sur le canap\u00e9. Je r\u00e9alise avec effroi que \u00e7a remonte \u00e0 quelques mois \u00e0 peine. La maladie a \u00e9t\u00e9 rapide, foudroyante. Et Sylvie nous a quitt\u00e9s, laissant une page blanche dans le grand livre de la litt\u00e9rature chinoise, et dans celui de nos vies.\t<\/div>\n<\/div>\n\n<div class=\"container\">\n\t<div class=\"text\" itemprop=\"articleBody\">\n\t\tA Paris, nous nous retrouvions dans des caf\u00e9s, pour boire un verre de vin. Un soir, nous nous \u00e9tions attard\u00e9s \u00e0 Montparnasse devant du Pouilly-Fuiss\u00e9, puis nous avions bondi dans un taxi pour aller d\u00eener chez un auteur de polar avec le directeur de la S\u00e9rie noire. Un d\u00eener merveilleux. A un moment donn\u00e9, Sylvie parle de Mian Mian, une auteure de plus qu\u2019elle a traduite, et entra\u00eene tout le monde dans les bas-fonds pop-rock de la Chine. C\u2019est \u00e0 ce moment pr\u00e9cis que <em>Nouvelle jeunesse<\/em>, roman que j\u2019ai publi\u00e9 quelques mois plus tard, est venu dans la conversation. C\u2019\u00e9tait son c\u00f4t\u00e9 rock&rsquo;n&rsquo;roll. Sylvie, avec une douceur infinie, avait cette libert\u00e9 de ton qui lui permettait de traduire <em>Panda Sex<\/em> sans rougir et de parler de l\u2019underground chinois. La passion, vous dis-je. Et un esprit libre.\t<\/div>\n<\/div>\n\n<div class=\"container\">\n\t<div class=\"text\" itemprop=\"articleBody\">\n\t\tJe me souviens aussi des chants bretons de Paul de Sinety que nous avions tous repris en c\u0153ur, au milieu de l\u2019hiver 2010, \u00e0 P\u00e9kin, attabl\u00e9s devant une fondue mongole, avec un tribord d\u2019\u00e9crivains fran\u00e7ais et chinois \u00e0 l\u2019occasion du premier forum franco-chinois sur la litt\u00e9rature contemporaine. Je ne vais pas faire le catalogue des souvenirs, Sylvie n\u2019aimait pas les fun\u00e9railles, et mieux vaut donc lui \u00e9pargner le style n\u00e9crologie. Mais un seul souvenir de plus, avant de dire au revoir\u00a0: une autre Sylvie, Sylvie Bermann, alors ambassadeur de France en Chine, qui avait pour les \u00e9crivains chinois une passion sans limite, devait quitter P\u00e9kin pour rejoindre sa nouvelle affectation. L\u2019\u00e9motion \u00e9tait grande. Elle choisit, et ce fut son dernier acte officiel, de remettre \u00e0 Sylvie Gentil l\u2019insigne de Chevalier dans l\u2019Ordre national du m\u00e9rite. Ce n\u2019est pas si fr\u00e9quent, un tel honneur de la R\u00e9publique, pour une traductrice. Et pourtant, les traducteurs sont ceux qui nous permettent d\u2019\u00e9viter un surcroit de guerre, de haine\u00a0: ils donnent une voix de plus aux \u00e9crivains, ils nous offrent de comprendre ce qui se passe de l\u2019autre c\u00f4t\u00e9 du fleuve et des for\u00eats. Ils sont Babel sans l\u2019orgueil. Ils devraient recevoir le prix Nobel de la Paix.\t<\/div>\n<\/div>\n\n<div class=\"container\">\n\t<div class=\"text\" itemprop=\"articleBody\">\n\t\tSylvie laisse un grand vide, pour sa famille, pour les auteurs, les \u00e9diteurs, mais aussi pour ses amis. Je ne connais pas une seule personne qui puisse ne pas l\u2019avoir appr\u00e9ci\u00e9e, voire aim\u00e9e. En plus d\u2019une forte amiti\u00e9, je ressentais une fiert\u00e9 infinie \u00e0 travailler avec elle pour un prochain ouvrage de la collection Bouquins, dans le prolongement du <em>Shanghai<\/em>, consacr\u00e9 cette fois \u00e0 la culture chinoise et pour lequel elle s\u2019occupait de l\u2019anthologie litt\u00e9raire contemporaine. Chacun de ses emails me surprenait car Sylvie m\u2019amenait toujours davantage. Elle m\u2019avait annonc\u00e9 en d\u00e9cembre dernier qu\u2019elle chercherait des auteurs ta\u00efwanais. Quelques semaines \u00e0 peine avant de rentrer en France pour \u00eatre hospitalis\u00e9e. Elle adorait la Chine et P\u00e9kin \u00e9tait sa ville pr\u00e9f\u00e9r\u00e9e, mais elle n\u2019aimait pas cette tendance chinoise \u00e0 se replier dans le nationalisme. Elle qui vivait en Chine depuis le d\u00e9but des ann\u00e9es quatre-vingts, elle savait ce que la divinisation de la nation pouvait avoir de funeste. Elle n\u2019a jamais manqu\u00e9 de courage dans le choix des livres qu\u2019elle traduisait : pas un seul qui soit anodin, fade ou rat\u00e9. Elle attirait les inflammables. Sans grand discours, elle soufflait sur les braises de la libert\u00e9 et attisait un feu qui ne s\u2019\u00e9teindra pas.\t<\/div>\n<\/div>\n\n<div class=\"container\">\n\t<div class=\"text\" itemprop=\"articleBody\">\n\t\tSylvie \u00e9tait certes une traductrice du plus grand art qui soit, mais elle \u00e9tait aussi une d\u00e9couvreuse, toujours en qu\u00eate de nouvelles voix. Elle a d\u00e9couvert de nombreux auteurs chinois, les portant avec une justesse de ton qui \u00e9tait son secret. Elle avait la voix accord\u00e9e. Aussi, \u00e0 pr\u00e9sent qu\u2019elle est partie, un silence s\u2019installe. Son ami Yan Lianke, qu\u2019elle m\u2019avait pr\u00e9sent\u00e9 et qui \u00e9tait le meilleur des convives, avec les <em>ganbei<\/em> les plus joyeux qui soient, \u00e9tait sans doute son auteur pr\u00e9f\u00e9r\u00e9. Je ne devrais pas dire \u00e7a, mais je le crois vraiment. Il y avait une forme de connivence intellectuelle unique entre ces deux-l\u00e0, et il fallait les voir. Cela n\u2019enl\u00e8ve rien \u00e0 l\u2019amiti\u00e9 et au temps qu\u2019elle a donn\u00e9 aux autres auteurs : Mo Yan, Mian Mian, Xu Xing, Li Er, Liu Sola&#8230; Le temps, tu ignorais Sylvie que tu en aurais si peu, toi qui a \u00e9t\u00e9 l\u2019\u00e9tudiante de Fran\u00e7ois Cheng aux Langues O&rsquo; \u2013 c\u2019\u00e9tait hier. Et ce temps que tu as donn\u00e9 aux auteurs, ce temps que tu nous as donn\u00e9 n\u2019en est que plus pr\u00e9cieux. Il brille entre les lignes du <em>Clan du Sorgho<\/em> du Nobel de litt\u00e9rature 2012, des <em>Chroniques de Zhalie<\/em> de Ma\u00eetre Yan, des <em>Variations sans th\u00e8me<\/em> de Xu Xing \u2013 un autre rebelle bless\u00e9 \u2013 , des <em>Bonbons chinois<\/em> de la sulfureuse Mian Mian, du terrible <em>St\u00e8les<\/em> de Yang Jisheng sur la Grande Famine, de Feng Tang, de Li Er et de tant d\u2019autres livres et auteurs qu\u2019il nous reste \u00e0 relire, Sylvie, pour derri\u00e8re celles de la Chine la plus libre, retrouver ta voix la plus belle.\t<\/div>\n<\/div>\n\n<div class=\"container\">\n\t<div class=\"text\" itemprop=\"articleBody\">\n\t\tPour finir, je laisse la parole \u00e0 Yan Lianke. Ch\u00e8re Sylvie, tu n\u2019es plus l\u00e0 pour le traduire, mais sache que nous non plus, nous ne t\u2019oublierons pas.\t<\/div>\n<\/div>\n\n<div class=\"container\">\n\t<div class=\"text\" itemprop=\"articleBody\">\n\t\t\u4eb2\u7231\u7684 Sylvie Gentil\u2014 \u2014\u4f60\u8d70\u5c31\u5148\u81ea\u8d70\u53bb\u5427, \u613f\u60a8\u4e00\u8def\u5e73\u6696 ; \u613f\u6211\u4eec\u6c38\u8fdc\u548c\u6587\u5b66\u5728\u4e00\u8d77.\u56e0\u4e3a\u6211\u4eec\u548c\u6587\u5b66\u5728\u4e00\u8d77, \u5c31\u4f1a\u6709\u5f88\u591a\u4eba\u6e10\u6e10\u5fd8\u8bb0\u4f60, \u4f46\u8bb0\u4f4f, \u4e5f\u4e00\u5b9a\u6709\u6c38\u8fdc\u4e0d\u4f1a\u5fd8\u8bb0\u4f60\u7684\u4eba.\t<\/div>\n<\/div>\n\n<div class=\"container\">\n\t<div class=\"text\" itemprop=\"articleBody\">\n\t\t<strong>Nicolas Idier, \u00e0 New Delhi<\/strong>\t<\/div>\n<\/div>\n\n<div class=\"large large\" style=\"background-color:#FF0069;\">\n\t<div class=\"container\">\n\t\t<div class=\"sub-article\">\n\t\t\t<h2>Recommandations<\/h2>\n\t\t\t<p>Pour nos lecteurs qui ne connaissent pas encore le travail de Sylvie Gentil, nous avons demand\u00e9 \u00e0 son amie Pascale Wei-Guinot de nous recommander cinq ouvrages qu&rsquo;elle a traduit :<\/p>\n<p>&#8211; <em>Le clan du sorgho rouge<\/em>, Mo Yan, Seuil, f\u00e9vrier 2016<\/p>\n<p>&#8211; <em>Le crabe \u00e0 lunettes<\/em>, Xu Xing, Julliard 1992<\/p>\n<p>&#8211; <em>Tout ce qui reste est pour toi<\/em>, Xu Xing, L\u2019Olivier, ao\u00fbt 2003<\/p>\n<p>&#8211; <em>A la d\u00e9couverte du roman<\/em>, Yan Lianke, Philippe Picquier, mars 2017<\/p>\n<p>&#8211; <em>Un chant c\u00e9leste<\/em>, Yan Lianke, Philippe Picquier, mars 2017.<\/p>\n<p>Nous vous recommandons \u00e9galement le tr\u00e8s complet et actualis\u00e9 portrait de ce \u00ab\u00a0<a href=\"http:\/\/www.chinese-shortstories.com\/Traducteurs_et_editeurs_Sylvie_Gentil.htm\" target=\"_blank\">p\u00e8lerin \u00e9m\u00e9rite des lettres chinoises<\/a>\u00a0\u00bb par Brigitte Duzan.<\/p>\n\t\t<\/div>\n\t<\/div>\n<\/div>\n<div class=\"container\">\n\t<div class=\"text\" style=\"background:#d9463d; padding:20px 20px 30px 20px; text-align:center; border-radius:8px;\">\n\t\t<h3 style=\"color:#fff; font-weight:700;\">Soutenez-nous !<\/h3>\n\t\t<p style=\"color:#fff; font-size:0.8em; line-height:1.5em; margin-bottom:30px;\">Asialyst est con\u00e7u par une \u00e9quipe compos\u00e9e \u00e0 100 % de b\u00e9n\u00e9voles et gr\u00e2ce \u00e0 un r\u00e9seau de contributeurs en Asie ou ailleurs, journalistes, experts, universitaires, consultants ou anciens diplomates... Notre seul but : partager la connaissance de l'Asie au plus large public.<\/p>\n\t\t<a href=\"https:\/\/www.helloasso.com\/associations\/les-amis-d-asialyst\/formulaires\/1\" target=\"_blank\" style=\"display:inline; background:#fff; padding:10px 25px; font-weight:700; border-radius:4px; color:#000; font-size:0.9em;\">Faire un don<\/a>\n\t<\/div>\n<\/div>\n<div class=\"container\">\n\t<div class=\"tags\">\n\t\t<h5>Tags de l'article<\/h5>\n\t\t<ul><li><a href=\"https:\/\/asialyst.com\/fr\/tag\/asie-du-nord-est\/\" rel=\"tag\">Asie du Nord-Est<\/a><\/li><li><a href=\"https:\/\/asialyst.com\/fr\/tag\/chine\/\" rel=\"tag\">Chine<\/a><\/li><li><a href=\"https:\/\/asialyst.com\/fr\/tag\/litterature\/\" rel=\"tag\">litt\u00e9rature<\/a><\/li><li><a href=\"https:\/\/asialyst.com\/fr\/tag\/mo-yan\/\" rel=\"tag\">Mo Yan<\/a><\/li><li><a href=\"https:\/\/asialyst.com\/fr\/tag\/nicolas-idier\/\" rel=\"tag\">Nicolas Idier<\/a><\/li><li><a href=\"https:\/\/asialyst.com\/fr\/tag\/sylvie-gentil\/\" rel=\"tag\">Sylvie Gentil<\/a><\/li><li><a href=\"https:\/\/asialyst.com\/fr\/tag\/temps-forts\/\" rel=\"tag\">temps forts<\/a><\/li><li><a href=\"https:\/\/asialyst.com\/fr\/tag\/yan-lianke\/\" rel=\"tag\">Yan Lianke<\/a><\/li><\/ul><ul>\t<\/ul><\/div>\n<\/div>\n\n\t\t<div class=\"social-sharing ss-social-sharing\">\r\n\t\t\t\t        <a onclick=\"return ss_plugin_loadpopup_js(this);\" rel=\"external nofollow\" class=\"ss-button-facebook\" href=\"http:\/\/www.facebook.com\/sharer\/sharer.php?u=https%3A%2F%2Fasialyst.com%2Ffr%2F2017%2F05%2F05%2Fsylvie-gentil-elle-attirait-les-inflammables%2F\" target=\"_blank\">Share on Facebook<\/a><a onclick=\"return ss_plugin_loadpopup_js(this);\" rel=\"external nofollow\" class=\"ss-button-twitter\" href=\"http:\/\/twitter.com\/intent\/tweet\/?text=Elle+attirait+les+inflammables&url=https%3A%2F%2Fasialyst.com%2Ffr%2F2017%2F05%2F05%2Fsylvie-gentil-elle-attirait-les-inflammables%2F&via=asialyst\" target=\"_blank\">Share on Twitter<\/a><a onclick=\"return ss_plugin_loadpopup_js(this);\" rel=\"external nofollow\" class=\"ss-button-linkedin\" href=\"http:\/\/www.linkedin.com\/shareArticle?mini=true&url=https%3A%2F%2Fasialyst.com%2Ffr%2F2017%2F05%2F05%2Fsylvie-gentil-elle-attirait-les-inflammables%2F&title=Elle+attirait+les+inflammables\" target=\"_blank\">Share on Linkedin<\/a><a onclick=\"return ss_plugin_loadpopup_js(this);\" rel=\"external nofollow\" class=\"ss-button-pinterest\" href=\"http:\/\/pinterest.com\/pin\/create\/button\/?url=https%3A%2F%2Fasialyst.com%2Ffr%2F2017%2F05%2F05%2Fsylvie-gentil-elle-attirait-les-inflammables%2F&media=https%3A%2F%2Fasialyst.com%2Ffr%2Fwp-content%2Fuploads%2F2017%2F05%2FImage-Sylvie-gentil-a-Royan-2-OK-300x225.jpg&description=Elle+attirait+les+inflammables\" target=\"_blank\">Share on Pinterest<\/a>\t        \t    <\/div>\r\n\t    \n<div class=\"container\">\n\t<div class=\"auteurs-a-propos\">\n\t\t<h5>A propos de l'auteur<\/h5>\n\t\t\t\t\t<div class=\"author\">\n\t\t\t\t<img data-del=\"avatar\" src='https:\/\/asialyst.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2016\/08\/PORTRAIT-NICOLAS-IDIER-150x150.jpeg' class='avatar pp-user-avatar avatar-150wp-user-avatar wp-user-avatar-150 photo ' height='150' width='150'\/>\t\t\t\t<div class=\"infos\">\n\t\t\t\t\t<div class=\"name\">\n\t\t\t\t\t\t\n\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t<a href=\"https:\/\/asialyst.com\/fr\/auteur\/nicolas-idier\/\">\n\t\t\t\t\t\t\tNicolas Idier\t\t\t\t\t\t<\/a>\n\t\t\t\t\t<\/div>\n\n\t\t\t\t\t<div class=\"description\">\n\t\t\t\t\t\tNicolas Idier a \u00e9t\u00e9 attach\u00e9 culturel pour le livre et le d\u00e9bat d\u2019id\u00e9es \u00e0 l\u2019Institut fran\u00e7ais de Chine, de 2010  \u00e0 2014. Docteur en histoire de l\u2019art chinois de Paris-Sorbonne, il a dirig\u00e9 l\u2019ouvrage collectif Shanghai (Bouquins \/ Robert Laffont, 2010) et il est l\u2019auteur de plusieurs ouvrages sur la Chine contemporaine.\t\t\t\t\t<\/div>\n\t\t\t\t<\/div>\n\t\t\t<\/div>\n\t\t\t<\/div>\n<\/div>\n<div class=\"block3news\">\n\t<div class=\"container\">\n\t\t<div class=\"recommand\">\n\t\t\t<h5>On vous recommande<\/h5>\t\t\t<ul class=\"row\">\n\t\t\t\t<li class=\"col-md-6 col-sm-12 col-xs-12 news\"><a href=\"https:\/\/asialyst.com\/fr\/2017\/03\/31\/chine-telephone-portable-ou-ere-mensonge\/\"><span class=\"photo\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"600\" height=\"400\" src=\"https:\/\/asialyst.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2017\/03\/chine-t\u00e9l\u00e9phone-portable-pekin-600x400.jpg\" class=\"img-responsive wp-post-image\" alt=\"Le t\u00e9l\u00e9phone portable ? Une fabrique \u00e0 mensonges pour l&#039;\u00e9crivain chinois Liu Zhenyun. P\u00e9kin le 1er juillet 2012. 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